Depuis l'intensification des combats en avril 2026, les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), l'armée malienne et les militaires russes ont commis de graves abus contre les civils, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié mardi 29 juin. L'organisation de défense des droits humains recense au moins 143 civils tués entre le 1er avril et le 15 juin dans les régions de Mopti, Ségou et Gao.
Les exactions du GSIM
Le GSIM, affilié à Al-Qaïda, est accusé d'avoir exécuté sommairement 89 civils, dont des femmes et des enfants, lors de raids et d'attaques contre des villages. Selon HRW, les djihadistes ont également imposé des taxes forcées et recruté de force des enfants soldats. "Les djihadistes ont semé la terreur dans les communautés rurales, tuant sans pitié ceux qui refusent de se soumettre à leur autorité", a déclaré Corinne Dufka, directrice adjointe pour l'Afrique de l'Ouest à HRW.
Les abus de l'armée malienne et des militaires russes
L'armée malienne, appuyée par des combattants russes (souvent présentés comme des "instructeurs" ou des mercenaires du groupe Wagner), est responsable de la mort d'au moins 54 civils, dont 12 enfants, dans des opérations de contre-insurrection. HRW documente des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des actes de torture. "Les forces gouvernementales et leurs alliés russes ont perpétré des massacres et des disparitions, souvent sans aucune enquête", a ajouté Dufka.
Un conflit qui s'aggrave
Depuis le début de l'année, les combats se sont intensifiés dans le centre et le nord du Mali, où le GSIM contrôle de vastes territoires. L'armée malienne, soutenue par des mercenaires russes depuis 2022, mène des opérations de grande envergure pour reprendre le contrôle. Cependant, ces opérations se soldent souvent par des pertes civiles lourdes. HRW appelle les autorités maliennes et leurs alliés à cesser les abus et à traduire les responsables en justice. L'organisation exhorte également la communauté internationale à agir pour protéger les civils.



