Au Mali, une nouvelle alliance armée suscite de vives inquiétudes. Le Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) ont scellé un accord de coopération, redessinant la carte des forces en présence dans le nord du pays. Cette entente, officialisée dans une déclaration conjointe, prévoit une coordination militaire et politique contre les ennemis communs, notamment l'État malien et ses alliés.
Une recomposition stratégique
Le FLA, mouvement indépendantiste touareg, et le JNIM, coalition djihadiste affiliée à Al-Qaïda, étaient jusqu'alors ennemis. Leur rapprochement marque un tournant dans le conflit malien. Selon des analystes, cette alliance répond à la pression croissante des forces maliennes et de leurs partenaires étrangers, dont la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).
Les motivations des deux groupes
Le FLA cherche à obtenir des gains territoriaux et politiques, tandis que le JNIM veut étendre son influence. En s'alliant, ils mutualisent leurs ressources humaines et logistiques. Un expert interrogé par Le Point explique : « Cette alliance est pragmatique. Chacun y trouve son compte à court terme, mais elle fragilise davantage l'État malien. »
Un risque d'effondrement sécuritaire
Cette recomposition armée fait craindre un effondrement de la sécurité dans la région. Les forces maliennes, déjà affaiblies par des années de conflit, pourraient perdre le contrôle de vastes zones. Les populations civiles, prises en étau entre les groupes armés, risquent de subir de nouvelles violences. Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation, appelant à une désescalade.
Réactions internationales
La communauté internationale suit de près cette évolution. La France, ancienne puissance coloniale, a condamné cette alliance. Le Quai d'Orsay a déclaré : « Toute coopération entre groupes terroristes et rebelles est inacceptable. » Les États-Unis ont également appelé au respect des accords de paix.
Cette alliance intervient dans un contexte de retrait progressif des forces françaises et de la MINUSMA. Le Mali se retrouve plus isolé que jamais, alors que la junte au pouvoir peine à stabiliser le pays. Les prochains mois seront décisifs pour l'avenir de la nation ouest-africaine.



