Une amitié diplomatique controversée
Emmanuel Macron et Abiy Ahmed, le Premier ministre éthiopien, entretiennent une relation privilégiée qui suscite des interrogations, notamment en raison des massacres perpétrés dans la région du Tigré. Depuis le début du conflit en novembre 2020, les violences ont fait des milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire. Pourtant, la France continue de soutenir diplomatiquement Addis-Abeba.
Des liens économiques et stratégiques
La France voit en l'Éthiopie un partenaire clé dans la Corne de l'Afrique. Paris a multiplié les accords économiques et les visites officielles. En 2023, Macron s'est rendu à Addis-Abeba pour renforcer la coopération bilatérale. Ce rapprochement s'explique aussi par la volonté de contrer l'influence chinoise dans la région.
Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019, est perçu comme un leader moderne. Cependant, son image a été ternie par la guerre au Tigré, où des exactions ont été documentées par l'ONU et des ONG. Malgré cela, Macron a choisi de maintenir le dialogue.
Des critiques de la société civile
Des organisations de défense des droits humains dénoncent cette complaisance. Elles rappellent que des crimes de guerre ont été commis par les forces éthiopiennes et leurs alliés. La France est accusée de fermer les yeux au nom de ses intérêts géopolitiques.
En réponse, l'Élysée affirme que la diplomatie est le meilleur moyen d'obtenir des avancées. Paris dit encourager discrètement le processus de paix et l'accès humanitaire. Mais les résultats concrets se font attendre.
Un équilibre délicat
Cette relation privilégiée illustre les dilemmes de la politique étrangère française. Entre principes et intérêts, Macron navigue en eaux troubles. Alors que le conflit au Tigré s'enlise, la pression monte pour une réévaluation de cette alliance.



