Fondée en 1948 par Lanza del Vasto, philosophe italien et disciple de Mahatma Gandhi, l’Arche est née du désir de faire vivre en Europe un engagement concret pour la paix, inspiré par les principes de la non-violence active. Près de 80 ans après, le mouvement s’interroge sur la manière de faire vivre ses valeurs face aux défis du XXIe siècle. La recrudescence de conflits armés, l’instabilité climatique, les flux migratoires de plus en plus importants et les profondes transformations sociales appellent à renouveler les modes d’action.
Un Chapitre international en Isère
Pour répondre à ces enjeux, près de 200 personnes venues d’Europe et d’Amérique latine se sont réunies quatre jours début juillet à Saint-Antoine l’Abbaye (Isère) pour un nouveau Chapitre, temps fort du mouvement. « La rencontre a souligné la nécessité de renouveler le langage et les pratiques pour mieux répondre aux préoccupations des nouvelles générations », explique l’Héraultaise Veronica Castro, responsable générale internationale Collège de l’Arche. « Cette ouverture se reflète également dans une gouvernance collégiale et l’accueil dans le Conseil international du premier membre originaire d’Iran, de tradition musulmane, illustrant sa volonté de construire des ponts entre les cultures et les religions. »
Ateliers sur la prévention des violences
Plusieurs ateliers ont nourri la réflexion collective, dont un consacré à la prévention des violences sexuelles et sexistes, afin de renforcer les outils de protection, d’écoute, de responsabilité et de prévention au sein des communautés et des lieux d’accueil. À travers ce Chapitre, l’Arche reste fidèle à l’intuition de son fondateur tout en poursuivant son évolution. Elle se présente comme un laboratoire où se construisent des réponses concrètes aux défis du XXIe siècle, en cultivant la paix, la solidarité, le dialogue ainsi que le respect du vivant.
Deux communautés en Lodévois et Escandorgue
Deux communautés sont installées entre Lodévois et Escandorgue : la Borie Noble et Nogaret à Roqueredonde, et La Fleyssière à Joncels. « Si chaque collectif possède sa propre personnalité, façonnée par son territoire, son histoire et les personnes qui l’habitent, tous sont des lieux d’accueil, d’expérimentation et de transmission. Les visiteurs y découvrent un mode de vie fondé sur la coopération, l’écoute, le respect et la non-violence », ajoute Veronica Castro. « Les communautés cultivent leurs terres et produisent une partie de leur alimentation. À la Borie Noble, une boulangerie biologique artisanale fabrique du pain au four à bois. À La Fleyssière, une fromagerie transforme le lait produit sur place et commercialise ses fromages et yaourts sur le marché de Lodève. »
Volontaires et stages
Des centaines de volontaires venus du monde entier participent aussi à la vie des communautés. Ils prennent part aux travaux agricoles, à l’entretien, aux activités et nombreux stages proposés qui abordent aussi bien l’expression artistique, les danses du monde, le chant, les métiers artisanaux que l’expérience d’une vie collective inspirée par les valeurs gandhiennes. Plus d’informations sur www.arche-nonviolence.eu et archecom.org.



