La cour d'appel de Paris annule le non-lieu d'Agathe Habyarimana
La cour d'appel de Paris a rendu une décision majeure ce jeudi en infirmant le non-lieu prononcé en faveur d'Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Cette dernière est mise en examen pour complicité de génocide des Tutsi, un dossier sensible qui ravive les douleurs du passé.
Les motifs de l'annulation
Les juges ont estimé que les investigations n'avaient pas été menées de manière exhaustive. Ils pointent notamment des lacunes dans l'analyse des témoignages et des documents relatifs au rôle présumé d'Agathe Habyarimana dans les préparatifs du génocide de 1994. La cour a ordonné la reprise de l'enquête, confiée à un nouveau juge d'instruction.
Un long parcours judiciaire
Agathe Habyarimana, âgée de 82 ans, est mise en examen depuis 2010. Elle est accusée d'avoir participé à la planification du génocide qui a fait près de 800 000 morts, principalement Tutsi, entre avril et juillet 1994. Elle a toujours nié les faits, affirmant qu'elle n'était pas en position d'influencer les décisions politiques après la mort de son mari.
Réactions des parties civiles
Les associations de victimes ont salué cette décision, y voyant un espoir pour la justice. Pour Me Alain Gauthier, avocat de plusieurs parties civiles, « c'est une étape cruciale qui permet de ne pas enterrer ce dossier ». À l'inverse, la défense d'Agathe Habyarimana a annoncé son intention de se pourvoir en cassation.
Un contexte politique sensible
Cette affaire intervient dans un climat tendu entre la France et le Rwanda. Kigali accuse Paris d'avoir soutenu le régime Habyarimana avant le génocide. La décision de la cour d'appel pourrait raviver ces tensions, même si la justice française insiste sur son indépendance.
L'enquête devra désormais déterminer si Agathe Habyarimana a effectivement joué un rôle dans les massacres. Les investigations se poursuivent, avec l'espoir de faire la lumière sur l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire africaine.



