Italie : la réforme Meloni limite le droit du sang à deux générations
Italie : le droit du sang limité à deux générations

Vous souhaitez acquérir la nationalité italienne : on vous explique pourquoi Giorgia Meloni a limité le droit du sang. Lionel Messi n'obtiendrait plus son passeport bordeaux-rouge aujourd'hui. La réforme adoptée par le gouvernement de Giorgia Meloni a profondément reconfiguré les règles d'accès à la nationalité italienne, mettant fin à un système jugé trop perméable et parfois détourné à des fins commerciales.

Un système historique bouleversé

Depuis la révision de la loi en mars 2025, la transmission automatique de la nationalité est cantonnée à deux générations : seuls les enfants et petits-enfants d'Italiens nés en Italie peuvent y prétendre de plein droit. Pendant plus de cent ans, l'Italie a pratiqué l'un des régimes de nationalité les plus ouverts du monde. Fondé sur le principe du jus sanguinis (le « droit du sang »), il permettait à tout descendant d'un émigré italien, quelle que soit la génération, de revendiquer la nationalité italienne. Un arrière-arrière-petit-fils d'un Calabrais parti en Argentine en 1890 pouvait ainsi obtenir son passeport à Rome sans jamais y avoir mis les pieds. Ce système a alimenté la volonté d'une diaspora considérable, estimée à 180 millions de personnes, qui a déposé des dossiers, jusqu'à engorger certaines ambassades.

Impact sur les communautés d'Amérique latine

Avec la révision du système d'obtention de la nationalité se réduisant aux parents et grands-parents, les communautés d'Amérique latine (Argentine, Brésil, Uruguay) sont les plus touchées par la réforme, car elles concentrent les descendants des grandes vagues migratoires du XIXe et début du XXe siècle. En Europe, l'impact est moindre. Les émigrés vers la France, l'Allemagne ou la Belgique sont plus récents et leurs descendants peuvent encore justifier d'un lien au premier ou deuxième degré avec l'Italie.

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Les conditions pour acquérir la nationalité par ascendant

Il faut désormais un parent ou un grand-parent italien. Mais le revers de la médaille, selon le constat du ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, était, avant 2025, la « commercialisation de la citoyenneté italienne » et l'existence d'intermédiaires proposant de reconstituer des arbres généalogiques pour permettre à des étrangers d'acquérir un passeport européen. Tout a basculé le 28 mars 2025. Le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté un décret en urgence, devenu une loi votée par le Parlement le 23 mai 2025 (par 137 voix pour et 83 contre) qui vient bouleverser un demi-siècle de jurisprudence. Si le principe demeure le droit du sang, il est désormais strictement encadré par des limites générationnelles strictes. La transmission automatique de la nationalité est cantonnée à deux générations : seuls les enfants et petits-enfants d'Italiens nés en Italie peuvent y prétendre de plein droit, comme le précise le consulat d'Italie à Marseille.

Conditions détaillées

  • Avoir au minimum un parent ou un grand-parent né en Italie ;
  • Cet ascendant doit posséder, ou avoir possédé à son décès, uniquement la nationalité italienne. L'obtention de la naturalisation française est donc un obstacle ;
  • Ou, un parent citoyen italien doit avoir résidé au moins deux années consécutives en Italie avant la naissance du demandeur.

Les frais de dossier sont évalués à 600 euros.

Des personnalités qui n'auraient pas pu devenir italiennes

Par le passé, des personnalités qui ont bénéficié de l'ancien système seraient dans l'impossibilité d'obtenir leur passeport avec la nouvelle législation plus contraignante, mais confirmée par la cour constitutionnelle italienne le 11 mars 2026, comme l'a rapporté BFMTV. La star argentine Lionel Messi possède la nationalité italienne grâce à son arrière-arrière-grand-père Angelo Messi, né à Recanati (province de Macerata) en 1886, avant d'émigrer en Argentine. En 2010, son père Jorge avait fait le déplacement jusqu'en Italie pour régulariser la situation. Avec la réforme de 2025, une telle demande, portant sur une filiation à cinq générations, serait automatiquement rejetée.

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Plusieurs joueurs de football nés en Amérique du Sud ont été recrutés dans la Squadra Azzurra, l'équipe nationale, grâce à leur ascendance italienne parfois lointaine. Mauro Camoranesi (champion du monde 2006 avec l'Italie, né en Argentine), Jorginho (né au Brésil) ou Thiago Motta (né au Brésil) ont pu porter le maillot bleu azur grâce à leurs ancêtres italiens émigrés outre-Atlantique. Ces naturalisations auraient été impossibles selon les nouvelles règles.

Jimmy Kimmel, Madonna, Ariana Grande, Lady Gaga : qui l'a ?

L'une des dernières personnalités américaines à avoir obtenu la nationalité italienne est le présentateur vedette Jimmy Kimmel. La star de la télé américaine l'a acquise grâce à sa grand-mère italienne originaire d'Avellino. Il a confirmé publiquement avoir une double nationalité, une « sécurité » selon lui, en réaction au contexte politique américain après la réélection de Donald Trump. Avec des racines familiales en Sicile et dans les Abruzzes, la chanteuse Ariana Grande n'a pas fait de demande contrairement à sa mère Joan et son frère Frankie qui sont devenus citoyens italiens en 2023 grâce à l'ancienne législation. Fière de ses origines, Madonna reste uniquement citoyenne américaine, se cantonnant à chanter La Bambola récemment. Avec des aïeuls siciliens, Lady Gaga alias Stefani Germanotta se décrit comme « une italienne de New-York », mais n'a jamais évoqué l'acquisition d'un passeport italien.

En 2026, le sang seul ne fait donc plus l'Italien. Désormais, il faut aussi avoir gardé un pied, ou un ancêtre récent dans la péninsule.