Guinée-Bissau : président arrêté, l'armée prend le contrôle après des élections contestées
Guinée-Bissau : président arrêté, l'armée au pouvoir

La situation est particulièrement déstabilisée ce mercredi 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau. Le président sortant Umaro Sissoco Embalo a été arrêté et l'armée a pris le contrôle du pays, suspendant le processus électoral alors que les résultats de la présidentielle et des législatives étaient attendus. Ce nouveau putsch en Afrique de l'Ouest plonge le pays dans l'incertitude.

Un coup d'État militaire

Des militaires ont annoncé avoir pris le 'contrôle total du pays' ce mercredi. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, est détenu à l'état-major à Bissau. Un 'Haut commandement pour la restauration de l'ordre', composé de toutes les branches de l'armée, prend la direction du pays jusqu'à nouvel ordre. Le général Denis N'Canha, chef de la maison militaire de la présidence, a justifié cette intervention par un risque de 'déstabilisation' et l'implication de 'barons nationaux de la drogue'.

Des tirs ont été entendus près du palais présidentiel à Bissau et des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant au palais. Le général a également annoncé la suspension de tout le processus électoral, la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes, et l'instauration d'un couvre-feu obligatoire. 'L'exercice du pouvoir du commandement commence à partir d'aujourd'hui. Le commandement appelle la population au calme', a-t-il ajouté.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des élections contestées

Cette intervention survient au lendemain de revendications de victoire concurrentes de la part des camps d'Embalo et de l'opposition, avant la publication officielle des résultats provisoires prévue pour le jeudi. Mardi, le camp de Umaro Sissoco Embalo et celui du candidat de l'opposition Fernando Dias de Costa ont chacun revendiqué la victoire à la présidentielle. La présidentielle, qui s'était déroulée dans le calme dimanche, avait eu lieu sans le principal parti d'opposition, le PAIGC, et son candidat, Domingos Simões Pereira. Ce parti historique, qui a mené le pays à l'indépendance en 1974, a été exclu des scrutins pour un dossier jugé trop tardif. L'opposition avait qualifié cette exclusion de 'manipulation'.

La Commission nationale des élections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés, selon un responsable de la communication de la commission.

Un pays pauvre et instable

La Guinée-Bissau, petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée, a déjà connu quatre coups d'État et de nombreuses tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974. Ce nouveau coup d'État s'ajoute à une série en Afrique de l'Ouest depuis 2020 (Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée-Conakry).

Avec près de 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, la Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Elle est également réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe, à la faveur de l'instabilité politique chronique.

Dans les rues de la capitale Bissau, un calme précaire règne en fin d'après-midi, avec peu de passants. Plus tôt, des centaines de personnes avaient fui la zone du palais présidentiel pour se mettre à l'abri tandis que des tirs nourris retentissaient. Un officier supérieur a confirmé que des arrestations avaient eu lieu.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale