Grève de la faim : Naama Asfari dénonce sa détention arbitraire au Maroc
Grève de la faim : Naama Asfari dénonce sa détention

Naama Asfari, militant sahraoui incarcéré au Maroc depuis 2010, a entamé une grève de la faim le 10 juillet 2026 pour protester contre ce qu'il qualifie de détention arbitraire. Agé de 52 ans, il purge une peine de 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État, une condamnation que ses soutiens estiment motivée par ses activités politiques en faveur de l'indépendance du Sahara occidental.

Un appel à la communauté internationale

Dans une lettre transmise à l'AFP par son avocat, Me Mohamed Ould Gadda, Asfari déclare : « Je ne peux plus supporter cette injustice. Je préfère mourir en homme libre que de vivre en prison pour des idées pacifiques. » Il demande l'intervention des Nations unies et de l'Union africaine pour faire pression sur le Maroc.

Selon l'ONG Amnesty International, « Naama Asfari est un prisonnier d'opinion, détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique ». L'organisation appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.

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Un dossier sensible dans le conflit du Sahara occidental

Le Sahara occidental est un territoire disputé entre le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Le Maroc contrôle la majeure partie du territoire et propose un plan d'autonomie, tandis que le Polisario réclame un référendum d'autodétermination. Asfari, figure de la société civile sahraouie, a été arrêté en 2010 lors de manifestations pour l'indépendance.

Son procès, jugé non équitable par plusieurs ONG, s'est conclu par une condamnation à 20 ans de réclusion. Il a déjà passé 16 ans derrière les barreaux, et sa prochaine date de libération conditionnelle est prévue en 2030.

Un risque vital pour le militant

La grève de la faim, qui dure depuis trois jours, suscite l'inquiétude de ses proches. « Son état de santé se détériore rapidement, il a perdu plusieurs kilos », confie son épouse, Fatima Asfari. « Nous craignons pour sa vie si le Maroc ne cède pas. »

Le ministère marocain de la Justice n'a pas commenté cette action, mais une source judiciaire citée par l'agence MAP indique que « les autorités pénitentiaires suivent son état de santé et lui prodiguent les soins nécessaires ». Aucun signe d'ouverture n'a été rapporté.

Une mobilisation internationale en demi-teinte

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont lancé des appels à la solidarité. Une pétition en ligne a recueilli plus de 10 000 signatures en 48 heures. Cependant, la communauté internationale reste divisée sur le dossier du Sahara occidental, et les appels en faveur d'Asfari peinent à se traduire en actions concrètes.

Le Front Polisario a condamné « l'entêtement du Maroc » et appelé à une intervention urgente de l'ONU. De son côté, l'Algérie a exprimé sa « vive préoccupation » et demandé le respect des droits de l'homme au Sahara occidental.

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