À Marseille, une découverte fortuite a ravivé la mémoire d'un Gaza aujourd'hui disparu. Le petit-fils de Kegham Djeghalian, photographe palestinien d'origine arménienne, a retrouvé par hasard des clichés pris par son grand-père dans les années 1940 et 1950. Ces images, conservées dans une valise oubliée, montrent un Gaza côtier, paisible, avec ses plages, ses marchés animés et ses ruelles. Un témoignage précieux d'une époque révolue, avant les conflits et les destructions.
Une découverte inattendue
C'est en vidant la maison de sa mère à Marseille que le petit-fils, prénommé Stéphane, est tombé sur une valise remplie de négatifs et de tirages. Intrigué, il a commencé à les examiner et a reconnu des lieux que son grand-père lui avait décrits. Kegham Djeghalian, né à Jérusalem, avait émigré à Gaza dans les années 1930, où il avait ouvert un studio de photographie. Il y avait capturé la vie quotidienne, les portraits de famille, les événements sociaux, mais aussi les paysages urbains et naturels.
Un Gaza méconnu
Les photos montrent une ville côtière prospère, avec des immeubles Art déco, des cafés bondés et une plage fréquentée. On y voit des femmes en robes légères, des enfants jouant dans les vagues, des pêcheurs ramenant leurs filets. Rien à voir avec l'image actuelle de Gaza, marquée par la guerre et le blocus. Pour Stéphane, ces clichés sont une fenêtre sur un passé que peu de gens connaissent. Il a décidé de les numériser et de les partager sur les réseaux sociaux, suscitant un vif intérêt.
Un travail de mémoire
Au-delà de l'aspect personnel, cette découverte a une portée historique. Kegham Djeghalian était l'un des rares photographes à avoir documenté Gaza à cette époque. Ses images offrent un contrepoint aux récits habituels, centrés sur les conflits. Elles rappellent que Gaza était aussi un lieu de vie, de culture et d'échanges. Stéphane espère organiser une exposition à Marseille pour faire connaître ce patrimoine. Il a également contacté des historiens et des musées pour préserver ces archives.
Un héritage à transmettre
Pour la famille, ces photos sont un trésor. Elles racontent l'histoire d'un homme qui a fui le génocide arménien, s'est construit une nouvelle vie à Gaza, puis a dû tout quitter lors de la guerre de 1948. Installé à Marseille, il n'a jamais cessé de photographier, mais ses clichés de Gaza étaient restés dans l'ombre. Aujourd'hui, ils retrouvent la lumière, porteurs d'un message d'espoir et de résilience. Stéphane conclut : "Ces photos montrent que Gaza n'a pas toujours été un champ de ruines. C'était une ville vivante, belle, et il faut s'en souvenir."



