Un conflit qui perdure
Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), la paix semble plus lointaine que jamais. Malgré la présence de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) depuis 2010 et de multiples accords de paix, les violences continuent de faire des victimes. Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié en juin 2026, plus de 120 groupes armés opèrent dans la région, perpétuant un cycle de violences qui a déjà coûté la vie à des milliers de civils.
Les civils pris pour cible
Les attaques contre les civils se sont intensifiées ces derniers mois. Rien qu'au premier semestre 2026, au moins 450 personnes ont été tuées dans des attaques attribuées à des groupes armés, dont les Forces démocratiques alliées (ADF) et les rebelles du M23. "Les civils sont pris pour cible délibérément, et les déplacements massifs de population sont devenus monnaie courante", déclare Clémentine Nzita, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Goma.
L'échec des processus de paix
Les initiatives de paix, comme le processus de Nairobi et la feuille de route de Luanda, n'ont pas réussi à désarmer les groupes armés. Les pourparlers, pourtant soutenus par la communauté internationale, butent sur la méfiance entre les parties et l'absence de volonté politique. "Tant que les causes profondes du conflit, comme l'accès aux ressources minières et les tensions ethniques, ne seront pas traitées, la paix restera un mirage", analyse le professeur Jean-Pierre Mbwebwa, chercheur à l'Université de Kinshasa.
Le rôle ambigu de la MONUSCO
La MONUSCO, forte de plus de 15 000 casques bleus, est critiquée pour son inefficacité. En 2025, le gouvernement congolais a demandé le départ accéléré de la mission, accusée de ne pas protéger les civils. Cependant, les Nations unies insistent sur la nécessité de maintenir une présence pour éviter un vide sécuritaire. "Sans la MONUSCO, la situation serait encore pire", affirme un diplomate onusien sous couvert d'anonymat.
Des conséquences humanitaires désastreuses
Le conflit a provoqué une crise humanitaire majeure. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 5 millions de personnes sont déplacées dans l'est du pays, et 26 millions ont besoin d'aide humanitaire. Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre, avec plus de 1 200 cas recensés en 2025 par les organisations locales.
Perspectives d'avenir
Alors que les élections présidentielles de 2028 approchent, la question sécuritaire reste au cœur des préoccupations. Le président Félix Tshisekedi a promis de rétablir l'autorité de l'État dans l'est, mais les moyens manquent. "La communauté internationale doit continuer à soutenir la RDC, mais aussi exiger des comptes aux groupes armés et à leurs soutiens", conclut Clémentine Nzita. En attendant, les habitants de l'est de la RDC continuent de vivre dans la peur et l'insécurité.



