Ebola en RDC : l'épidémie s'étend à une sixième province
Ebola en RDC : l'épidémie s'étend à une sixième province

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un nouveau palier : elle s'est étendue à une sixième province, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mercredi. Cette progression géographique accroît les craintes d'une propagation transfrontalière, en particulier vers le Soudan du Sud, pays voisin déjà fragilisé par des crises humanitaires.

Une sixième province touchée dans l'est de la RDC

Le rapport de l'OMS, consulté par Le Monde, indique que des cas d'Ebola ont été confirmés dans la province du Nord-Kivu, qui rejoint ainsi les provinces du Sud-Kivu, de l'Ituri, de la Tshopo, de la Mongala et de l'Équateur. Le Nord-Kivu, région densément peuplée et frontalière de l'Ouganda et du Rwanda, constitue un point chaud pour la transmission.

Selon le ministère congolais de la Santé, le nombre total de cas depuis le début de l'épidémie en avril s'élève à 2 341, dont 1 578 décès, soit un taux de létalité de 67 %. Ces chiffres, actualisés mardi, montrent une accélération de la propagation dans les zones rurales et urbaines.

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Menace directe sur le Soudan du Sud

L'OMS alerte particulièrement sur le risque de contagion au Soudan du Sud, dont la frontière avec la RDC est poreuse. Des mouvements de populations, notamment des commerçants et des réfugiés, traversent régulièrement cette zone. « La menace est réelle et immédiate », a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, citée dans le rapport. « Nous devons renforcer la surveillance aux points d'entrée et préparer les équipes médicales à une éventuelle riposte transfrontalière. »

Le Soudan du Sud, déjà confronté à une insécurité alimentaire aiguë touchant 7,2 millions de personnes, selon le Programme alimentaire mondial, pourrait voir son système de santé fragile submergé par une épidémie d'Ebola.

Riposte entravée par le manque de vaccins

La riposte est compliquée par un déficit de doses de vaccin. L'OMS indique que seulement 60 000 doses sont disponibles, alors que les besoins sont estimés à 300 000 pour couvrir les zones à risque. Le vaccin Ervebo, produit par Merck, est efficace mais sa production est limitée.

Le gouvernement congolais, en collaboration avec l'OMS et d'autres partenaires, a lancé une campagne de vaccination ciblée dans les zones touchées. Cependant, la méfiance de certaines communautés et l'insécurité dans l'est du pays entravent l'accès des équipes médicales.

Coordination régionale et appels à l'aide

Les autorités sanitaires de la RDC et de ses voisins, dont l'Ouganda et le Rwanda, ont renforcé la coordination. Des centres de traitement ont été installés à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et des équipes de surveillance sont déployées aux postes-frontières.

L'OMS a lancé un appel à la communauté internationale pour un financement de 40 millions de dollars afin de soutenir la riposte. À ce jour, seuls 15 millions ont été mobilisés, selon le rapport. Le Dr Moeti a insisté : « Chaque jour de retard augmente le risque de propagation incontrôlée. »

Cette nouvelle extension survient alors que l'épidémie a déjà été déclarée urgence de santé publique de portée internationale par l'OMS en juillet. La situation reste préoccupante, et les prochaines semaines seront décisives pour endiguer l'épidémie avant qu'elle ne devienne une crise régionale majeure.

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