Ali Lmrabet libéré au Maroc mais sous contrôle judiciaire
Ali Lmrabet libéré au Maroc mais sous contrôle judiciaire

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a été remis en liberté vendredi 14 juillet, après vingt mois de détention, a annoncé son avocat, Me Mohamed Aswab. Il reste néanmoins sous contrôle judiciaire dans l'attente de la poursuite de l'enquête.

Une libération sous conditions

Ali Lmrabet, âgé de 52 ans, était incarcéré depuis novembre 2021 à la prison de Tiflet, près de Rabat. Il avait été condamné à trois ans de prison ferme en mars 2022 pour « outrage à des fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions » et « diffusion de fausses informations », après des articles critiques envers le gouvernement marocain.

Sa libération intervient après une demande de remise en liberté déposée par son avocat, qui a été acceptée par le juge d'instruction. Selon Me Aswab, « la décision de justice impose à Ali Lmrabet de se présenter régulièrement au commissariat de police et de ne pas quitter le territoire marocain sans autorisation ». Le journaliste devra également verser une caution de 50 000 dirhams (environ 4 600 euros).

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Une affaire suivie par les organisations de défense des droits de l'homme

L'affaire Ali Lmrabet a suscité l'inquiétude de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent une atteinte à la liberté de la presse au Maroc. Reporters sans frontières (RSF) avait classé le Maroc à la 130e place sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse en 2023.

« Nous saluons la libération d'Ali Lmrabet, mais restons vigilants quant aux conditions de son contrôle judiciaire », a déclaré un porte-parole de RSF. « Cette affaire montre les pressions continues exercées sur les journalistes au Maroc. »

Un journaliste expérimenté

Ali Lmrabet est un journaliste connu pour ses positions critiques envers le pouvoir marocain. Il a été correspondant de plusieurs médias internationaux, dont la BBC et Le Monde. En 2005, il avait déjà été condamné à quatre ans de prison pour « offense au roi », avant d'être gracié par le souverain.

Sa libération intervient dans un contexte de tensions entre le Maroc et la France, après que Paris a critiqué les pratiques du royaume en matière de droits de l'homme. Le Quai d'Orsay avait appelé à « une libération rapide » du journaliste.

L'enquête se poursuit et Ali Lmrabet pourrait être à nouveau jugé si de nouveaux éléments apparaissent. Son avocat se dit confiant : « Nous espérons que cette affaire sera classée sans suite. »

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