Africa Corps : un an après Wagner, les exactions russes se multiplient au Mali
Africa Corps : les exactions russes se multiplient au Mali

Un an après le remplacement du groupe Wagner par Africa Corps, les mercenaires russes déployés au Mali sont accusés de multiplier les exactions contre les civils. Selon un rapport de l'ONU publié en juin 2026, au moins 300 civils ont été tués dans des opérations menées conjointement par l'armée malienne et les forces russes entre janvier et mai 2026, soit une augmentation de 40% par rapport à la même période en 2025.

Des témoignages accablants

Des habitants de la région de Mopti, interrogés par l'AFP, décrivent des scènes de violence quotidienne. « Ils ont la même mentalité criminelle que Wagner, peut-être pire », déclare Amadou Diallo, un enseignant de Douentza. « Ils arrivent dans les villages, pillent, violent et tuent sans distinction. » Un rapport de Human Rights Watch, cité par le document onusien, fait état de 150 exécutions extrajudiciaires imputables à Africa Corps depuis janvier 2026.

Un remplacement de façade

Le groupe Wagner, fondé par Evgueni Prigojine, avait été officiellement dissous après la mort de ce dernier en août 2023. Mais la Russie a rapidement redéployé ses mercenaires sous une nouvelle bannière, Africa Corps, placée sous le contrôle direct du ministère de la Défense russe. « C'est un changement de nom, pas de méthode », explique une source diplomatique occidentale sous couvert d'anonymat. « Les mêmes hommes, les mêmes tactiques brutales, mais avec une coordination plus étroite avec l'armée malienne. »

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Des crimes impunis

Les autorités maliennes, qui ont rompu leur alliance avec la France pour se tourner vers la Russie en 2022, n'ont pas répondu aux accusations. « Nous n'avons aucune information sur ces allégations », a déclaré le porte-parole du gouvernement malien, le colonel Abdoulaye Maïga, lors d'un point presse le 25 juin. Les Nations unies, dans leur rapport, appellent à une enquête indépendante, mais la junte au pouvoir refuse tout accès aux enquêteurs internationaux.

Un impact humanitaire dévastateur

Les violences ont provoqué le déplacement de 200 000 personnes supplémentaires depuis janvier, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). « Les populations fuient les zones où opèrent Africa Corps », témoigne Fatoumata Keita, coordinatrice d'une ONG locale. « Nous avons des camps qui débordent, sans eau ni nourriture suffisantes. » La région du Sahel, déjà fragilisée par des années de conflit, voit sa situation humanitaire se dégrader encore davantage.

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