Rochefort : Les Chemins blancs, un combat pour préserver la nature en ville
Rochefort : La bataille des Chemins blancs pour la nature urbaine

Rochefort : La bataille des Chemins blancs pour préserver la nature en ville

Au cœur de Rochefort, un combat citoyen anime le faubourg depuis six ans. Les habitants des Chemins blancs, un espace campagnard de 4 hectares en pleine zone urbaine, se mobilisent farouchement contre tout projet de lotissement. Leur objectif est clair : préserver ce poumon vert et maintenir la nature en ville face à la pression immobilière.

Un parcours juridique semé d'embûches

L'association Pays rochefortais alert' (PRA) a mené ce combat jusqu'au bout. La première manche fut victorieuse : en attaquant au tribunal administratif le permis d'aménager trente maisons octroyé par la mairie au lotisseur Celsius investissements, l'association obtint l'inconstructibilité du site. Cependant, la mairie révisa son plan local d'urbanisme (PLU) et gagna en appel devant la Cour administrative, rendant à nouveau les Chemins blancs constructibles.

Le dernier recours devant le Conseil d'État fut rejeté pour vice de forme en février 2026. Face à cet échec juridique, les défenseurs des Chemins blancs se tournent désormais vers l'arme politique : la campagne des élections municipales.

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La stratégie des rachats de parcelles

Le Collectif de défense des Chemins blancs, créé dans la foulée, a développé une tactique ingénieuse. Patrick Sandeau, porte-parole du Collectif, explique : « Six propriétaires ont cédé leurs terrains à plusieurs d'entre nous et nous ne sommes pas vendeurs. Bien réparties sur les 200 mètres de longueur du projet, nos parcelles empêchent la réalisation de la voirie nécessaire à la viabilisation d'éventuelles futures maisons. »

Cette stratégie de rachats dispersés bloque effectivement tout projet de lotissement cohérent, sauf procédure d'expropriation. Fin février, cette fronde citoyenne a même fait reculer le promoteur immobilier Cogedim.

Les promesses des candidats aux municipales

Les quatre candidats aux élections municipales se sont positionnés sur ce dossier sensible :

  • Fabrice Vergnier (DVG, « Rochefort, l'avenir autrement ») soutient les démarches de préservation et propose un plan de végétalisation des espaces communs.
  • Anne-Catherine Godde (extrême gauche, Lutte Ouvrière) a participé aux réunions du Collectif et questionne la pertinence de construire sur un espace vert alors que des logements vacants existent.
  • Romain Monroux (DVG, « Rochefort collectif 2026 ») propose de sanctuariser le site en modifiant le PLU et privilégie la densification du bâti existant.
  • Hervé Blanché (DVD, « Continuons ensemble »), maire sortant, maintient la constructibilité du secteur tout en reconnaissant qu'une opération d'ensemble n'est plus possible.

Un avenir incertain

La situation reste précaire pour les défenseurs des Chemins blancs. Hervé Blanché est clair : « Nous relancerons la révision du PLU car ça bouge tout le temps et les Chemins blancs seront à nouveau dans le débat. Mais le secteur ne sera pas inconstructible. »

Le Collectif sait donc à quoi s'attendre selon l'issue des élections. Si Hervé Blanché est réélu, des maisons individuelles pourraient apparaître dans certains jardins. Si un candidat de gauche l'emporte, l'endroit devrait rester vert. Mais pour l'instant, comme le souligne Patrick Sandeau, « nous sommes revenus au point de départ, la mairie ayant la voie libre pour toute construction ».

Ce combat illustre parfaitement les tensions entre développement urbain et préservation des espaces naturels en ville, un enjeu qui dépasse largement les frontières de Rochefort et interroge nos modèles d'aménagement du territoire.

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