Menton : un bilan touristique de mi-saison contrasté
Menton : un bilan touristique de mi-saison contrasté

La saison touristique à Menton et dans sa région affiche un bilan contrasté à la mi-août. Si la fréquentation de juillet a été très bonne, comparable à l'an passé, elle n'a rien d'exceptionnel. Le mois d'août, lui, s'annonce plus compliqué, entre canicule, problèmes de plages et une clientèle qui boude les séjours prolongés. Les professionnels, réunis au sein de l'UMIH Menton Roya Riviera, tirent la sonnette d'alarme et espèrent des changements structurels dès l'année prochaine.

Une pré-saison exceptionnelle, un été en demi-teinte

Avant même d'évoquer l'été, Nicolas Flament, président de l'UMIH Menton Roya Riviera, tient à souligner « l'excellente pré-saison, au-delà de tout ce qu'on a pu connaître les années précédentes ! Et ça dure depuis la Fête du Citron, à cheval entre février et mars, qui a été une réussite totale ! ». Une aubaine pour les professionnels, qui voient leur bilan mieux lissé sur l'ensemble de l'année. La météo a été de la partie, et le soleil a accompagné tous les événements festifs de la Riviera française et de la voisine monégasque.

Le mois de mai a été particulièrement record, et ce, sans le Grand Prix de Monaco, décalé en juin. « C'est une belle surprise pour les hôteliers, qui ont retrouvé une clientèle qui se privait de la destination en raison de la compétition automobile ! Les hôtels affichent d'ailleurs déjà complets pour l'an prochain, puisque ce sera le même calendrier », se réjouit Nicolas Flament. Après un mois de juin tout aussi fort, juillet est resté stable par rapport à l'été 2025, avec une légère progression du prix moyen sur les hôtels 2 et 3 étoiles, tandis que les 4 et 5 étoiles plafonnent. Quant à août, il a commencé difficilement, avec une clientèle plus internationale (Américains, Canadiens, Asiatiques, Européens), mais les Français ne représentent que 15 à 20 % de la clientèle estivale, avec un bel afflux de la région Paca.

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Des plages en souffrance, un frein à l'attractivité

Le principal point noir reste les plages. Seulement trois plages privées sont ouvertes, après un imbroglio judiciaire qui dure depuis des années. « Menton doit retrouver son identité balnéaire, avec plus de plages privées et des publiques de meilleure qualité, c'est un vrai chantier », insiste Nicolas Flament. Les clients, qui restent en moyenne 2,5 à 3 nuitées, se tournent vers des activités citadines (visite de Menton, Monaco, Vintimille) mais « on les perd pour les plages, qui ne donnent pas très envie, surtout les publiques avec leurs graviers… et la couleur de l'eau liée à des problèmes d'algues. Ils vont plutôt à Cap-d'Ail et Beaulieu ».

Malgré ces constats, le président reconnaît que « la municipalité a la volonté de redynamiser la politique touristique de la ville et qu'elle a l'intention de nous intégrer sur des projets structurants. On n'attendait pas l'impossible pour cet été deux mois après les élections, mais elle est à l'écoute de nos problématiques et est consciente qu'en se recentrant sur Menton, c'est toute la Riviera française qui va en bénéficier ».

Les restaurateurs pénalisés par la chaleur et la fermeture du bord de mer

Côté restaurateurs, la saison est encore problématique. Entre la canicule, qui limite la consommation, et le problème de logements pour les saisonniers, les professionnels font face à des difficultés. Paul Simbsler, nouveau représentant des restaurateurs à l'UMIH, note que « la circulation a été difficile les jeudis soir, lors de l'initiative 'Menton en Terrasses'. Certes, elle a permis aux restaurants du bord de mer de travailler, mais en a pénalisé d'autres, notamment au quai Bonaparte, créant des retards sur certaines tables qui ont empêché un deuxième service. Avec la fermeture de la promenade du Soleil, certains ont remarqué une perte de leur clientèle d'habitués et moins d'Italiens ». La Coupe du monde a aussi réduit la fréquentation.

Il ajoute : « Et puis, nous allons devoir prendre en compte très sérieusement la chaleur, car beaucoup d'établissements n'ont pas la climatisation ou d'îlots d'ombrage et de fraîcheur. Si ça continue, ceux des Sablettes et du bord de mer travailleront très bien en intersaison, mais l'été, la situation deviendra invivable ».

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Des décisions attendues pour l'avenir

Pour Nicolas Flament, l'heure est à l'action : « Qu'il s'agisse de réguler le marché Airbnb, de repositionner notre destination ou d'accompagner les changements climatiques, on a hâte que les grandes décisions de la Ville interviennent pour notre profession qui représente 50 % de la valeur créée sur notre territoire ! » conclut-il. Les professionnels espèrent que les promesses de la nouvelle municipalité se concrétiseront rapidement pour redonner à Menton son attractivité balnéaire et faire face aux défis climatiques.