La Fondation Bardot s'élève contre un « loisir » controversé à Gassin
Un événement cynégétique prévu à Gassin, dans le Var, suscite une vive polémique. Le « brevet de chiens courants sur sangliers », organisé par la société de chasse locale en partenariat avec le club français des brunos et des chiens courants suisses, consiste à évaluer des meutes de six à huit chiens lancées sur des traces de sangliers. Des juges notent leur performance, avec une récompense pour la meilleure équipe. Cette manifestation, programmée de vendredi à dimanche sur la piste Bagarède nord, est une première à Gassin mais s'inscrit dans une tradition bien établie dans la région.
Bernard d'Ormale dénonce une « distraction d'une autre époque »
La Fondation Bardot, désormais présidée par Bernard d'Ormale, mari de Brigitte Bardot, a vivement réagi après avoir découvert la promotion de cet événement sur le site de la ville de Gassin, dans la rubrique « Distractions et loisirs ». Bernard d'Ormale exprime son « atterrement » face à ce qu'il qualifie de « poursuite d'animaux sauvages jusqu'à l'épuisement ». Dans une lettre adressée à la maire Anne-Marie Waniart, il estime que cette activité, présentée comme un loisir, est incompatible avec les connaissances actuelles sur la sensibilité animale et nuit à l'image touristique du Golfe de Saint-Tropez.
Les organisateurs défendent une pratique traditionnelle
Contacté, Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var, défend cette manifestation. « Ce genre d'épreuve a toujours existé. Les chiens sont bien traités, un vétérinaire est présent, et les épreuves durent une heure trente sans arme ni mise à mort d'animaux », explique-t-il. Il ajoute que les sangliers débusqués retournent ensuite sur leur territoire, minimisant ainsi l'impact sur la faune.
La réponse diplomatique de la municipalité
La maire de Gassin, Anne-Marie Waniart, connue pour sa sympathie envers les chasseurs à qui elle a mis un local à disposition, a répondu de manière mesurée à la lettre de Bernard d'Ormale. La municipalité précise qu'elle n'est ni organisatrice ni partenaire de l'événement, qui relève d'une association locale. Elle invoque le respect de la liberté associative et du cadre légal, tout en reconnaissant les sensibilités exprimées. La commune affirme sa neutralité, tout en rappelant que la chasse est une activité ancienne ancrée dans les traditions rurales.
Un débat qui dépasse les frontières de Gassin
Cette controverse illustre les tensions croissantes entre défenseurs des traditions cynégétiques et militants de la cause animale. Alors que Bernard d'Ormale considère cette pratique comme relevant d'une « autre époque », les chasseurs y voient une activité légitime et nécessaire, notamment pour réguler la population de sangliers. La position de la municipalité, tiraillée entre respect des libertés et prise en compte des sensibilités modernes, reflète les dilemmes auxquels sont confrontées de nombreuses collectivités rurales.



