Fact-checking : l'après-Covid marque le début d'une ère difficile
Fact-checking : l'après-Covid, une ère difficile

Le fact-checking, qui avait connu un âge d'or pendant la crise du Covid-19, fait face à des lendemains difficiles. Selon une étude menée par le Reuters Institute, le nombre de projets de fact-checking dans le monde a diminué de 12 % entre 2020 et 2025, passant de 350 à 308. Cette baisse s'explique par un désengagement des financeurs et une lassitude du public.

Un âge d'or révolu pendant la pandémie

Durant la pandémie, les initiatives de vérification des faits ont prospéré, portées par une demande massive d'informations fiables. Des plateformes comme CheckNews (Libération) ou Les Décodeurs (Le Monde) ont vu leur audience exploser. En 2020, le trafic vers les sites de fact-checking a augmenté de 70 % en moyenne, selon une analyse de l'Université d'Oxford.

Cependant, cette dynamique s'est essoufflée. Les financements exceptionnels alloués par les plateformes sociales (Facebook, Twitter) et les fondations ont été progressivement réduits. Meta, par exemple, a annoncé en 2024 la fin de son programme de subventions pour le fact-checking en Europe, qui représentait 3 millions d'euros par an.

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Une crise de confiance et de modèle économique

La défiance du public s'est accrue, notamment après des accusations de partialité. Selon un sondage Ipsos réalisé en 2025, seulement 38 % des Français déclarent faire confiance aux médias de fact-checking, contre 52 % en 2020. Cette érosion de la confiance est alimentée par des polémiques récurrentes, comme celle concernant la vérification des propos sur les vaccins.

Le modèle économique reste fragile. La plupart des projets de fact-checking dépendent de subventions publiques ou de dons privés. Or, ces sources se tarissent. En France, le budget alloué au fact-checking par les rédactions a baissé de 15 % en deux ans, selon le rapport annuel de l'Observatoire des médias.

Des conséquences concrètes sur la lutte contre la désinformation

Cette crise a des répercussions directes. Le nombre de vérifications publiées par les principaux médias français a chuté de 20 % en 2025 par rapport à 2021. Les journalistes spécialisés sont moins nombreux, et les délais de vérification s'allongent, réduisant l'efficacité face aux fausses informations virales.

Face à cette situation, certains acteurs innovent. L'Agence France-Presse (AFP) a lancé en 2025 un service de fact-checking par abonnement destiné aux médias locaux. De son côté, l'association CheckFirst développe des outils d'intelligence artificielle pour automatiser la détection de fausses images. Ces initiatives pourraient offrir des pistes de financement durable, mais elles restent marginales.

En conclusion, le fact-checking doit repenser son modèle pour survivre. Sans financements stables et sans reconquête de la confiance du public, son rôle de rempart contre la désinformation sera sérieusement affaibli dans les années à venir.

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