Un projet numérique solidaire pour surveiller l'environnement à Aytré
Les Ateliers du numérique d'Aytré (Atena), basés au centre socioculturel, viennent de remporter un appel à projet sur le numérique solidaire lancé par l'Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic). Cette reconnaissance s'accompagne d'une aide financière de 8 000 euros destinée à déployer un réseau innovant de capteurs connectés chez des particuliers de la commune.
Un réseau citoyen pour mesurer la qualité de l'air et le bruit
L'objectif principal de ce projet est de créer un véritable réseau citoyen de surveillance environnementale. Les capteurs, conçus par l'équipe de Raymond Quéré, président de l'Association de quartier du Fief des Galères, permettront de mesurer en continu la qualité de l'air et les niveaux de bruit. Les données collectées seront accessibles en temps réel sur une plateforme dédiée, offrant une transparence totale aux habitants.
Le coût de fabrication d'un capteur par les Atena est estimé entre 25 et 40 euros, démontrant l'efficacité de cette initiative à budget maîtrisé. Une dizaine de dispositifs ont déjà été conçus et seront installés dans les prochaines semaines chez des volontaires, à des endroits stratégiques de la commune.
Des installations clés pour une démarche d'alerte
Les capteurs seront positionnés sur des sites sensibles comme l'avenue Lysiack, le boulevard Charcot – où un important chantier est prévu sur l'ancien site de la direction territoriale de France Travail – et la rue d'Yves. Ces emplacements permettront d'évaluer précisément les nuisances environnementales liées au trafic routier et aux activités industrielles.
Raymond Quéré explique la philosophie du projet : « Nous sommes dans une démarche d'alerte vis-à-vis des pouvoirs publics. Nos mesures ne sont pas officielles comme celles de l'Atmo, mais plus nous aurons de capteurs, mieux nous pourrons documenter la qualité de l'air et le bruit dans la commune. » Il cite l'exemple de l'incendie de l'immeuble Réunion dans le quartier Pierre-Loti en février 2025, où des relevés auraient pu fournir des données précieuses.
Une mobilisation locale et des perspectives encourageantes
L'initiative rencontre un écho favorable auprès des habitants. Pierre Cuchet, ancien adjoint à l'urbanisme, s'est porté volontaire pour accueillir un capteur près de son domicile en centre-bourg, une zone très fréquentée par les voitures. Cette implication citoyenne renforce le caractère participatif du projet.
« Bidouiller, ça nous amuse bien, conclut Raymond Quéré, et si nous faisons tout cela, c'est que ça nous plaît. » Cette approche ludique et engagée illustre comment la technologie peut être mise au service de l'intérêt général, en favorisant la sensibilisation aux enjeux environnementaux et en encourageant l'action collective.



