Depuis l'arrêté préfectoral du 31 juillet 2026, 82 communes des Alpes-Maritimes sont soumises à des restrictions d'eau. Parmi elles, cinq sont classées en « crise », le niveau de gravité maximal du dispositif d'alerte sécheresse : Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence. Dans ces communes, il est notamment interdit de remplir ou de remettre à niveau les piscines individuelles.
Les restrictions en vigueur dans les communes en crise
Dans ces cinq communes, les mesures sont strictes. Il est interdit de laver sa voiture à domicile, d'arroser les potagers et espaces verts de jour comme de nuit (sauf exceptions particulières), et les centres de lavage automobile sans système de recyclage doivent fermer. L'arrosage des golfs est également interdit, sauf conditions spécifiques. Enfin, le remplissage et la remise à niveau des piscines individuelles sont prohibés.
Selon Me Lou Bessis-Osty, avocate au barreau de Nice, « le préfet édicte la mesure, mais ce sont les inspecteurs de l'environnement et la police de l'eau qui la font respecter sur le terrain, par procès-verbal. En pratique, le contrôle repose surtout sur des constats sur site des inspecteurs de l'environnement, qui sont souvent déclenchés par un signalement de voisinage. »
Des tolérances très encadrées
L'avocate précise qu'il existe des tolérances, mais strictement limitées. « Pour les piscines privées (maisons individuelles, gîtes, copropriétés, meublés de tourisme), s'il s'agit du premier remplissage indispensable à l'intégrité d'un bassin dont les travaux avaient déjà démarré avant l'arrêté. Ou s'il s'agit d'un appoint minimal pour un dispositif d'alarme, ou pour lutter contre les moustiques, ou une dérogation individuelle sur demande motivée auprès du préfet », explique-t-elle.
Ces exceptions visent à protéger la sécurité et la salubrité, tout en maintenant la pression sur la ressource en eau.
Sanctions et nuances selon les communes
Les contrevenants s'exposent à une contravention de 5e classe. « Jusqu'à 1 500 € pour un particulier (3 000 € en cas de récidive), et jusqu'à 6 000 € pour une personne morale », détaille Me Lou Bessis-Osty.
À Cagnes-sur-Mer, une nuance importante s'applique. La préfecture précise que la commune est située en majorité dans le bassin-versant de la Cagne, mais qu'elle importe toute son eau potable depuis le bassin-versant du Loup. Ainsi, « les usages raccordés au réseau d'eau potable sont soumis aux mesures prévues pour le bassin du Loup, placé au stade de vigilance ». Il est donc actuellement possible de remplir ou remettre à niveau sa piscine à Cagnes avec de l'eau potable.
Dans les autres communes du département, les règles varient : dans les 39 communes en « alerte » (bassins versants de l'Estéron et de la Roya) et les 38 en « alerte renforcée » (bassins de la Brague, des Paillons, de la Siagne amont et aval), la remise à niveau est autorisée, mais le remplissage reste interdit.



