Un accident industriel provoque une pollution massive dans une rivière bretonne
Un incident grave s'est produit en fin de journée lundi au sein de l'usine Entremont, située à Missiriac dans le Morbihan, entre Vannes et Ploërmel en Bretagne. Selon les informations communiquées par la préfecture du Morbihan, une cuve de stockage d'une capacité de 160 mètres cubes s'est couchée avant de se rompre, libérant ainsi environ 30 000 litres de lait directement dans l'Oust, la rivière qui borde l'installation.
Les services de secours ont immédiatement été mobilisés pour intervenir sur les lieux de l'accident. Les pompiers ont précisé qu'aucune victime n'était à déplorer suite à cet événement. Leur intervention s'est concentrée sur l'installation de barrages flottants destinés à contenir la propagation du lait dans le cours d'eau, dont le débit demeurait important malgré une période de décrue.
Une mobilisation exceptionnelle des moyens de secours
L'ampleur de l'incident a nécessité le déploiement d'importants moyens humains et techniques. La préfecture du Morbihan a indiqué que quarante véhicules et une centaine de sapeurs-pompiers étaient présents sur le site pour faire face à la situation. Cette mobilisation massive visait à limiter les conséquences environnementales de la pollution.
Les autorités ont annoncé qu'une surveillance renforcée serait mise en place par les services de l'État. L'objectif est double : surveiller l'évolution de la situation et mesurer précisément l'impact sur le milieu aquatique. Cette évaluation permettra d'adapter les mesures de protection nécessaires pour préserver l'écosystème de la rivière.
Contexte industriel et historique des pollutions laitières en Bretagne
L'usine Entremont de Missiriac, propriété du groupe Sodiaal – troisième acteur laitier en France –, est spécialisée dans la production d'emmental pour le secteur agroalimentaire. Ce site employait environ 150 personnes, mais sa fermeture avait été annoncée l'année dernière par la direction. La production doit être transférée ailleurs en Bretagne dans un délai de trois ans, marquant la fin des activités sur ce site industriel.
Ce n'est malheureusement pas la première fois que la Bretagne est confrontée à des pollutions importantes liées à l'industrie laitière. En 2017, un déversement accidentel de lactose avait provoqué l'asphyxie et la mort biologique sur huit kilomètres de la rivière Seiche. Le groupe Lactalis avait été condamné par la justice suite à cet épisode, soulignant la sensibilité environnementale de la région face à ce type d'incidents.
La répétition de tels événements interroge sur les mesures de prévention et de sécurité dans les installations industrielles bretonnes, particulièrement dans un contexte où la préservation des cours d'eau et de la biodiversité devient une préoccupation majeure pour les territoires.



