Pollution aux métaux lourds à Tonnay-Charente : 40 maisons inhabitables
Pollution aux métaux lourds : 40 maisons inhabitables

À Tonnay-Charente, en Charente-Maritime, les analyses de sol commandées par l’État depuis 2019 révèlent une pollution aux métaux lourds « à des niveaux présentant des risques sanitaires ». Sur 92 parcelles analysées dans le lotissement de la cité de la Coudre, près de la moitié présente « un état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire », selon un courrier de la préfecture cosigné avec l’Agence régionale de santé (ARS) et adressé aux habitants concernés. La préfecture envisagerait même d’évacuer les résidents.

Une pollution aux métaux lourds révélée après sept ans d’attente

Depuis près de vingt ans, les voisins de l’usine d’engrais Timac Agro, filiale du groupe Roullier, s’inquiètent de la contamination de leurs jardins. L’industriel, chargé de mener les analyses, a livré au compte-goutte les résultats aux riverains volontaires. Le verdict est sans appel : plomb, cadmium, arsenic sont présents à des niveaux préoccupants. La société, déjà condamnée pour des pollutions de l’air à l’ammoniac autour de son site de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), n’a pas brillé par sa transparence.

Les habitants du quartier ouvrier, en périphérie de la ville, sont incités à éviter de consommer les légumes de leurs potagers, à laver les jouets utilisés en extérieur et à se déchausser à l’intérieur de leur maison. « Quarante maisons sont tout bonnement inhabitables », résume Gérard Garder, administrateur du Collectif de défense de Tonnay-Charente (CDDTC). « On n’a rien demandé de tout ça. Pendant des années on nous a dit que Timac ne polluait pas, je suis écœuré », fulmine-t-il.

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Des habitants sous le choc et un avenir incertain

Bruno Chauvineau, 65 ans, plombier chauffagiste à la retraite et coprésident du collectif, est « écroulé » depuis la réception du courrier le 31 juillet. « Nos terrains ne valent plus rien. J’ai bossé comme un dingue dans cette maison pour laisser du patrimoine à mes enfants et je ne sais même pas si elle sera vendable », confie-t-il. L’inquiétude est d’autant plus vive que l’usine, implantée depuis 1979, a cessé son activité de fabrication de fertilisants en mars 2023.

Dans un arrêté pris fin juillet, le préfet Michel Prosic a demandé à Timac Agro de remettre, dans un délai de six mois, un plan de gestion définissant parcelle par parcelle les mesures de nettoyage, de restauration d’un sol sain et les restrictions d’usage. La société dispose de deux mois pour faire appel de cette décision.

Un plan de gestion attendu sous six mois

Ce plan de gestion devra préciser les opérations de dépollution à mener sur les parcelles concernées, ainsi que les usages futurs autorisés. L’ARS et la préfecture suivront de près sa mise en œuvre. Les habitants, eux, attendent des réponses concrètes et rapides, alors que leur santé et la valeur de leur patrimoine sont en jeu. L’évacuation des résidents, évoquée par la préfecture, reste une option à l’étude, mais aucune décision officielle n’a encore été annoncée. Le collectif CDDTC continue de défendre les citoyens touchés et demande des comptes à l’industriel.

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