Une enquête menée par plusieurs médias européens, dont Le Monde, a mis au jour un scandale environnemental impliquant le constructeur autrichien KTM. Selon les investigations, des motos de la marque seraient débridées en usine, entraînant des émissions polluantes jusqu'à 50 fois supérieures aux normes légales. Ces révélations soulèvent des questions sur les pratiques de l'industrie motocycliste et la santé publique.
Des motos débridées dès la sortie d'usine
Les tests réalisés sur plusieurs modèles KTM, notamment les Adventure 790 et 890, montrent que ces motos émettent des niveaux d'oxydes d'azote (NOx) bien au-delà des limites autorisées par la norme Euro 5. En conditions de conduite réelles, certains exemplaires atteignent jusqu'à 50 fois la limite légale. L'enquête révèle que le débridage est effectué via un logiciel de gestion moteur modifié, permettant d'augmenter la puissance sans respecter les contraintes antipollution.
Des conséquences sanitaires et environnementales graves
Les oxydes d'azote sont des gaz nocifs pour la santé humaine, responsables de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Ils contribuent également à la formation de particules fines et à l'acidification des sols. Face à ces révélations, des associations environnementales réclament des mesures urgentes, notamment des rappels de véhicules et des sanctions financières contre KTM.
KTM conteste les résultats
De son côté, KTM a contesté les conclusions de l'enquête, affirmant que ses motos respectent les normes en vigueur. Le constructeur invoque des différences de méthodologie entre les tests officiels et ceux des enquêteurs. Cependant, les preuves accumulées, dont des documents internes et des témoignages d'anciens employés, laissent peu de place au doute.
Cette affaire rappelle le scandale du dieselgate chez Volkswagen, où des logiciels truqués permettaient de masquer les émissions réelles. Elle met en lumière les lacunes des contrôles antipollution dans le secteur des deux-roues, souvent moins strict que celui des voitures. Les autorités européennes sont désormais sous pression pour renforcer la réglementation et les tests sur les motocycles.
En attendant, les propriétaires de motos KTM concernés peuvent s'interroger sur la légalité de leur véhicule et les risques pour leur santé. Des recours collectifs sont déjà envisagés dans plusieurs pays européens. L'enquête se poursuit pour déterminer l'ampleur exacte du phénomène et les responsabilités de la marque.



