Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur, l'écrivain Christophe Ono-dit-Biot s'interroge sur l'origine de l'expression « chaleur de bête », souvent utilisée pour décrire les températures caniculaires. Dans un article publié sur le site du Point, il remonte le fil de cette locution populaire.
Une expression aux racines anciennes
Selon Christophe Ono-dit-Biot, l'expression « chaleur de bête » puiserait ses origines dans l'observation du comportement animal lors des fortes chaleurs. Les bêtes, privées de sueur, halètent et cherchent l'ombre, donnant l'impression de souffrir davantage que les humains. Cette image aurait été transposée au langage courant pour qualifier une chaleur accablante.
L'écrivain rappelle que le mot « canicule » vient du latin canicula, qui signifie « petite chienne », en référence à l'étoile Sirius, la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Dans l'Antiquité, on croyait que le lever héliaque de Sirius, en juillet-août, ajoutait sa chaleur à celle du Soleil, provoquant des températures extrêmes.
Un lien avec l'astronomie et la mythologie
Christophe Ono-dit-Biot explique que cette croyance ancienne a perduré jusqu'à nos jours à travers l'expression « jours de canicule ». Il cite l'écrivain latin Pline l'Ancien, qui évoquait déjà cette période comme la plus chaude de l'année. L'expression « chaleur de bête » serait donc une variante populaire de cette tradition.
L'auteur souligne également que l'expression est utilisée dans plusieurs régions francophones, notamment en Belgique et en Suisse, où l'on dit « il fait une chaleur de bête » pour décrire une canicule. Selon lui, cette locution témoigne d'une certaine poésie populaire, qui associe la chaleur à une bestialité presque palpable.
Une actualité brûlante
Alors que Météo-France place plusieurs départements en vigilance orange canicule, l'analyse de Christophe Ono-dit-Biot résonne particulièrement. L'écrivain rappelle que les épisodes de chaleur extrême sont de plus en plus fréquents en raison du changement climatique. En 2022, la France a connu trois vagues de chaleur successives, avec des températures dépassant les 40 °C dans certaines régions.
Christophe Ono-dit-Biot conclut en invitant à une réflexion sur notre rapport à la nature et aux animaux, souvent malmenés par ces conditions climatiques. « La chaleur de bête nous rappelle que nous partageons la planète avec d'autres êtres vivants, et que leur bien-être est aussi le nôtre », écrit-il.



