Canicule : comment aider la faune sauvage sans risques
Canicule : aider la faune sauvage sans risques

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Alsace tire la sonnette d’alarme : au 31 juillet, son centre de soins avait déjà pris en charge 3 800 animaux sauvages, soit une augmentation de plus de 7 % par rapport à la même date l’année précédente. « Des animaux complètement déshydratés », précise Cathy Zell, de la LPO Alsace, alors que le centre avait déjà atteint un pic de plus de mille animaux en une seule journée dès le mois de juin. Face à cette situation, l’association rappelle les bons gestes pour abreuver la faune sans danger, et met en garde contre les pièges à éviter.

Une pression record sur les centres de soins

Dès juin, la LPO Alsace avait lancé un appel aux dons d’urgence pour faire face à l’afflux d’oiseaux et de mammifères en détresse. Près de 700 animaux avaient alors été pris en charge par les soigneurs. « La situation, déjà critique, n’a fait qu’empirer alors que le centre accueillait déjà un très grand nombre de pensionnaires », s’inquiète Cathy Zell. Selon son dernier décompte, les prises en charge atteignent 3 800 au 31 juillet, un record qui reflète l’impact des épisodes de chaleur extrême et répétés sur la faune sauvage : hérissons, oiseaux, insectes, renards, biches et sangliers souffrent tous de la canicule.

Les effets de la chaleur sont multiples. « Les brûlures, causées par des sols surchauffés (jusqu’à 60 °C sur le bitume), peuvent gravement blesser les petits animaux », détaille la LPO. « Les oiseaux qui nichent sous les toits, comme les martinets ou les hirondelles, sont particulièrement vulnérables car les jeunes, asphyxiés par la chaleur, tombent parfois du nid en cherchant de l’air. » La sécheresse prolongée fragilise aussi les invertébrés, « à la base de la chaîne alimentaire de beaucoup d’espèces », qui se protègent et deviennent inaccessibles pour leurs prédateurs, entraînant « des conséquences en cascade ». Rapaces, chauves-souris et passereaux insectivores préoccupent tout particulièrement les soigneurs.

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Des points d’eau simples et sécurisés

« L’assèchement des points d’eau oblige les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu’à l’épuisement », souligne la LPO. Mettre de l’eau à disposition peut réellement les aider, notamment quand les points d’eau naturels s’assèchent. Cathy Zell conseille d’utiliser des « récipients peu profonds, comme une soucoupe, une petite coupelle, avec une pierre dans le réceptacle ou une branche en travers pour que les petits animaux s’y accrochent et éviter les noyades, et de changer l’eau régulièrement ». Il faut placer les récipients à l’ombre si possible, « les multiplier, en hauteur et au sol, car tous les animaux ne s’hydratent pas de la même façon », et idéalement dans un endroit dégagé pour que les oiseaux puissent repérer les prédateurs. L’eau doit être changée au minimum chaque jour, plus souvent si elle chauffe ou se salit, afin de limiter les risques sanitaires et la prolifération de moustiques. Évitez l’eau glacée, préférez l’eau fraîche ou à température ambiante.

Créer une mare naturelle dans son jardin peut offrir un refuge précieux à de nombreuses espèces. Il est aussi essentiel de « sécuriser les points d’eau existants, comme les bassins, surtout les piscines, et éviter les noyades car les animaux assoiffés qui recherchent de l’eau partout peuvent s’y noyer ». En revanche, il ne faut jamais forcer un animal sauvage à boire ni verser de l’eau directement dans le bec d’un oiseau, car il pourrait inhaler le liquide et s’étouffer. Et surtout, pas de lait ni de pain pour les hérissons, et pas de nourrissage improvisé : « l’eau est généralement le geste le plus simple et le plus sûr », indique la LPO.

Renards, sangliers, cervidés : des précautions particulières

Pour les renards, la LPO recommande de mettre de l’eau à disposition pendant les fortes chaleurs, mais sans chercher à les attirer ni à les approcher. Une grande coupelle ou un bac peu profond d’eau fraîche, dans un endroit calme et ombragé, à distance de la maison et des passages humains, suffit. Pas de nourriture, pour éviter de créer une accoutumance.

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Les sangliers exigent une prudence accrue. Un sanglier, même apparemment calme ou affaibli, peut être extrêmement dangereux, en particulier une laie avec des marcassins. La LPO indique de ne jamais tenter de manipuler un sanglier et recommande de contacter les secours ou les autorités compétentes s’il est en détresse. Si des sangliers passent naturellement sur votre terrain, il est déconseillé d’installer un gros point d’eau spécialement pour eux : cela risque de les attirer durablement près de votre habitation et d’augmenter les interactions avec les humains. En revanche, si vous avez un point d’eau naturel déjà fréquenté par la faune, le maintenir accessible et éviter qu’il ne soit entièrement asséché peut être une très bonne aide.

Pour les biches et les cerfs, l’eau est bénéfique, mais pas d’abreuvoir domestique. S’ils vivent dans les bois autour de chez vous, il est déconseillé de chercher à les faire venir avec un bac d’eau près de la maison. Ils ont besoin de se déplacer sur de grands territoires pour accéder à leurs ressources, et les attirer artificiellement peut favoriser leur proximité avec les habitations et les routes. L’Office français de la biodiversité (OFB) souligne l’importance de préserver leurs déplacements et leurs habitats. La meilleure solution est de préserver les points d’eau naturels comme une mare, un petit ruisseau, une source, une zone humide, et de maintenir autour des zones d’ombre et de végétation. L’objectif est qu’ils puissent boire sans associer votre présence à l’eau ou à la nourriture.