Radioactivité à La Rochelle : Bouygues découvre des déchets sur un chantier
Bouygues découvre des déchets radioactifs à La Rochelle

Dans le quartier de Chef-de-Baie, à La Rochelle, les promoteurs d’un vaste programme immobilier ont eu une mauvaise surprise. « Cette histoire de radioactivité à La Rochelle ressort périodiquement. Si on continue, on va affoler tout le monde avec des conneries. Les Rochellois seront contents quand l’usine sera fermée ! », confiait, en 1988, dans les colonnes de « Libération », le professeur Pierre Pellerin, directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI). Trente ans après, l’usine Solvay existe toujours et l’on ressort une nouvelle fois « cette histoire de radioactivité ». Avec une originalité : c’est un promoteur immobilier, Bouygues, qui s’en charge.

Un projet immobilier contrarié

Début 2016, la Ville de La Rochelle a cédé à Bouygues Immobilier et Eden Promotion un terrain de 10 000 m² à Chef-de-Baie, près de la Tour carrée, une fortification du XVIIIe siècle aujourd’hui à l’abandon, en vue de construire un nouveau quartier comprenant 70 logements. Le programme ne manque pas de cachet, mais le début du chantier a mis au jour des traces du passé industriel du secteur.

Parmi les mauvaises surprises, on trouve essentiellement des hydrocarbures, de la fluorine (un composé utilisé dans l’électronique) et, plus gênant, quatre mètres cubes de résidus radioactifs. Un souvenir de Rhône-Poulenc ? Cela y ressemble. Les promoteurs ont donc demandé à la Ville, propriétaire initial du terrain, de participer à la dépollution du site pour la partie radioactive. La collectivité y a consenti, déduisant du prix d’achat le montant des travaux.

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Des déchets transférés à Villeparisis

« Les vieux Rochelais savent qu’il y a eu certaines pratiques ici, mais on ne savait pas vraiment ce qu’il y avait dans le sous-sol. C’est quelque chose dont on hérite, malheureusement. J’attends les résultats des études menées sur ces boues pour savoir quelle est leur nature exacte, avant d’en informer les riverains. Nous serons le plus transparents possible », promet Jean-Philippe Plez, adjoint au maire en charge de l’urbanisme.

Entamés après la rentrée, les travaux de dépollution sont sur le point d’être achevés. « Nous n’avons évacué qu’une partie des déchets radioactifs, car la procédure, pilotée par deux bureaux spécialisés, oblige à refaire une analyse d’échantillons. C’est le centre du groupe Suez à Villeparisis (Seine-et-Marne), où ont été envoyés deux des quatre bacs de déchets, qui s’en charge. Il reste donc deux autres bacs, stockés sur le site. Le test se termine dans quinze jours. Après quoi, on pourra transférer les bacs restants et commencer le chantier de construction », précise Stéphane Aubin, responsable de l’antenne Vendée-Sud Charentes de Bouygues Immobilier.

Des riverains inquiets

« Nous, on était contre ce projet. Construire 70 logements au bord d’une zone Seveso avec un seul accès, c’est très risqué. Mais on n’a pas voulu se bagarrer, parce qu’on aurait pu aussi nous dire de partir », remarque l’un des riverains de la rue de la Tour carrée. En juin dernier, en Conseil municipal, les élus écologistes se sont abstenus lors du vote sur la participation de la Ville à la dépollution du site, pour pointer le manque d’informations sur les pollutions des sols à Chef-de-Baie.

« On travaille aujourd’hui sur un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Ce n’est pas la peine de faire des réserves foncières si l’on découvre demain, dans le sol, des déchets radioactifs », souligne Brigitte Desveaux, élue écologiste de La Rochelle. « Le programme de la Tour carrée doit nous servir d’exemple. On va regarder plus attentivement les autres sites où l’on pense qu’il y a des pollutions, comme sur le site du futur écoquartier de Bongraine », annonce Jean-Philippe Plez.

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