Algues vertes : l’État renforce la lutte après l’ordre de la justice
Algues vertes : l’État renforce la lutte après l’ordre

Près de dix-huit mois après l’injonction du tribunal administratif de Rennes, l’État a officialisé, le 29 août, un renforcement de son dispositif de lutte contre les algues vertes en Bretagne. Ce plan, présenté par la préfecture de région, vise à intensifier les actions dans les baies les plus touchées et à accélérer la réduction des fuites d’azote d’origine agricole, principale cause de la prolifération de ces algues toxiques.

Un plan recentré sur les baies à risque et les élevages

Le nouveau dispositif s’articule autour de sept bassins versants prioritaires, où les concentrations en nitrates restent élevées. Pour chacun, des objectifs chiffrés de réduction des fuites d’azote seront fixés, avec un suivi annuel. Les élevages porcins et avicoles, particulièrement concernés par les rejets, devront mettre en place des pratiques renforcées : couverture des sols en hiver, allongement des périodes de pâturage, ou encore optimisation de la fertilisation.

La préfecture indique que des moyens supplémentaires seront débloqués pour accompagner les agriculteurs dans ces changements, notamment via les chambres d’agriculture et les groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE). Des contrôles plus stricts sont également annoncés, avec des sanctions en cas de non-respect des prescriptions.

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Une réponse à l’injonction du tribunal administratif

Cette décision fait suite à l’ordonnance du tribunal administratif de Rennes du 8 mars 2024, qui avait enjoint l’État de prendre des mesures supplémentaires pour prévenir les échouages d’algues vertes, après la mort de deux chiens et d’un homme sur une plage des Côtes-d’Armor en 2021. L’association Halte aux marées vertes, à l’origine du recours, avait dénoncé l’insuffisance des actions menées jusqu’alors.

Dans son communiqué, la préfecture précise que ce plan « s’inscrit dans la continuité du plan de lutte contre les algues vertes 2022-2025 », mais qu’il « renforce les exigences sur les territoires les plus en difficulté ». Les associations environnementales, tout en saluant une avancée, rappellent que l’efficacité dépendra de la mise en œuvre concrète sur le terrain et du respect des échéances.

Des objectifs chiffrés et un suivi renforcé

Concrètement, l’État s’engage à réduire de 15 % les fuites d’azote d’ici 2027 dans les sept bassins prioritaires, par rapport à la moyenne 2020-2022. Un comité de suivi se réunira chaque semestre pour évaluer les progrès et ajuster les mesures si nécessaire. Les données de surveillance des échouages seront publiées en open data, afin de permettre un contrôle citoyen.

Le coût de ce renforcement est estimé à 20 millions d’euros supplémentaires sur trois ans, abondés par l’État et l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Les premières évaluations sont attendues pour le printemps 2026, avec un point d’étape en septembre 2025.

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