Sommet ONU océans à Nice : progrès sur la haute mer, échec sur le financement
Sommet ONU océans à Nice : progrès, mais échec financier

Un sommet historique mais contrasté

La troisième conférence des Nations Unies sur les océans (Unoc) s'est achevée ce vendredi 13 juin à Nice, co-organisée par la France et le Costa Rica. Avec une participation record de 64 chefs d'État, ce sommet a marqué une avancée majeure vers la protection de la haute mer, mais a échoué sur plusieurs points cruciaux, notamment le financement des pays pauvres et la question des énergies fossiles.

Ratification du traité sur la haute mer : un élan mondial

Dès lundi, la ratification du traité sur la haute mer par 50 pays a été saluée comme un succès. Ce traité, qui vise à mieux protéger les eaux internationales, n'attend plus que dix pays pour entrer en vigueur. Johannes Müller, de l'ONG OceanCare, a qualifié cet élan de "étape décisive pour la protection des océans". La première COP sur la haute mer pourrait se tenir dès l'automne 2026, selon l'ambassadeur français pour les océans Olivier Poivre d'Arvor.

Macron dénonce un "Far West" des abysses

Le président français Emmanuel Macron a durci le ton face aux projets américains d'exploitation minière des fonds marins, absents du sommet. Il a qualifié cette décision de "folie" et d'action "prédatrice", tandis que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres mettait en garde contre un nouveau "Far West". La coalition pour un moratoire sur l'exploitation minière est passée de 32 à 37 pays, insuffisant selon certains, mais suffisant pour bloquer l'adoption d'un code minier, selon Olivier Poivre d'Arvor.

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Nouvelles aires marines protégées

Quatorze pays ont annoncé la création d'aires marines protégées (AMP), portant leur couverture à plus de 10 % de la surface des océans, contre 8,4 % avant le sommet. Cependant, la France a déçu les ONG en limitant l'interdiction du chalutage de fond à seulement 4 % de ses eaux. Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society, a prévenu qu'il faudrait "faire la course" pour atteindre l'objectif de 30 % de protection d'ici 2030, soit 85 nouvelles zones protégées par jour.

Les énergies fossiles absentes des débats

La déclaration finale de Nice ne mentionne pas les énergies fossiles, pourtant responsables du réchauffement et de l'acidification des océans. Bruna Campos, de l'ONG Ciel, a dénoncé cette omission : "Ignorer l'impératif de sortir du pétrole et du gaz offshore n'est pas seulement une injustice : c'est inadmissible." L'émissaire américain pour le climat John Kerry a souligné qu'il est impossible de protéger les océans sans s'attaquer à la pollution due aux combustibles fossiles.

Un fossé financier persistant

Les pays pauvres n'ont pas obtenu les 100 milliards de dollars espérés. Seuls 8,7 milliards d'euros sur cinq ans ont été promis, principalement par des philanthropes privés. Li Junhua, sous-secrétaire général de l'ONU, a estimé que "le fossé est énorme", avec un besoin de 175 milliards de dollars par an alors que seulement 10 milliards ont été mobilisés en cinq ans. Malgré ces lacunes, Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris, a rappelé que "l'Unoc nous a rappelé que la coopération est encore possible", tout en prévenant qu'aucun communiqué n'a jamais refroidi une canicule marine.

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