L'association Les Gréements languedociens, qui redonne vie à de vieilles barques en bois méditerranéennes, est menacée de disparition. Le terrain du Mas de Chave, à Frontignan, où se trouve son atelier, a été vendu, et aucun nouveau local n'a été trouvé. Faute de solution, l'association pourrait cesser ses activités d'ici la fin de l'année, mettant un terme à la restauration de bateaux emblématiques comme ceux de Georges Brassens.
Un patrimoine maritime sauvé par des bénévoles
Créée en 2008, l'association rassemble une quinzaine de bénévoles actifs aux compétences variées (soudure, calfatage, peinture, menuiserie). Ils ont restauré près de trente barques anciennes, dont les deux ayant appartenu à Brassens : "Sauve qui peut" et "Gyss". Parmi les autres réalisations figurent les bateaux de l'association : "Melody", "Jeanne-Elisabeth", "Tambour" et "L'Intrépide". Actuellement, les bénévoles travaillent sur "L'Intrépide", un coureauleur de Charente-Maritime, et une barque plate récupérée au port des Aresquiers. Deux autres pièces, une barquette marseillaise et une autre venue d'Oran, attendent leur tour.
Une situation critique faute de local
Le terrain, prêté gracieusement depuis plus de dix ans, a été vendu. L'association avait déjà connu une situation similaire en 2010, lorsqu'elle avait dû quitter un chantier naval à Balaruc. Cette fois, les pistes de repli sont minces. "Nous avons fait des demandes auprès des mairies de Frontignan et de Sète, mais sans résultat pour le moment. Un rendez-vous a été aussi demandé à Sète Agglopôle Méditerranée, mais en vain", explique Georges Lopez, le président. Les ressources de l'association (une subvention annuelle de 4 000 € de la Ville de Sète, les cotisations des membres, les travaux de restauration pour des particuliers et les recettes des manifestations) ne suffisent pas à acheter un terrain.
Un appel aux collectivités locales
"L'idéal serait d'avoir un local à Frontignan, sinon un terrain", insiste Georges Lopez. Plusieurs pistes ont été suggérées : un chantier près de la place de l'Aire, les anciens locaux de Lactel, une parcelle au bord de l'étang sur l'ancien site de Lafarge, ou un local sur le port de plaisance. Aucune réponse n'a encore été donnée. Suzy Albert, cofondatrice, confie : "Ce sera un crève-cœur si on doit tout arrêter, faute de local." L'association est la seule structure associative du territoire capable de restaurer ce patrimoine maritime, les Voiles latines de Sète ayant une activité réduite. Le départ doit intervenir avant la fin de l'année, sans date précise fixée.



