Michel Pétuaud-Létang relance la maison Boulon, autonome en énergie
Relance de la maison Boulon autonome en énergie

Michel Pétuaud-Létang relance la maison Boulon, désormais autonome en énergie

À bientôt 85 ans, dont plus de soixante consacrés à l’architecture et à l’urbanisme, Michel Pétuaud-Létang aurait pu prétendre à une retraite bien méritée dans sa maison de Bruges, qu’il a évidemment dessinée. Mais loin de se reposer, après avoir cédé son agence de Mérignac à son fils Matthieu, il a créé une entreprise de conseil et publié un livre en 2019. Aujourd’hui, il relance un projet qui lui tient à cœur : la maison Boulon, inventée dans les années 1960.

Une invention des années 1960 remise au goût du jour

De retour d’un tour du monde en 1964, Michel Pétuaud-Létang avait conçu et breveté la maison Boulon, une habitation en bois, économique et facile à monter soi-même. Associé à une entreprise locale, il en avait vendu plusieurs centaines jusqu’en 1990. Aujourd’hui, il exhume ce brevet en l’adaptant aux enjeux écologiques. La nouvelle version conserve une ossature en pin des Landes lamellé-collé, mais intègre des toilettes sèches, un récupérateur d’eau pluviale et des panneaux photovoltaïques sur un patio. Tout est fabriqué en France, à l’exception des toilettes sèches, importées de Suède.

Un prototype inauguré le 6 octobre

Pour démontrer le potentiel de son projet, l’architecte a fait construire un prototype dans le parc de l’hôtel Novotel, à côté de ses bureaux. Le permis de construire a été obtenu rapidement, et le chantier, débuté en septembre, s’achève le 6 octobre. La maison témoin de 45 mètres carrés, sans fondations car juchée sur des plots en acier, peut être installée en zone inondable. Elle est entièrement financée par Pétuaud, qui a recruté des artisans locaux, dont un menuisier du Lot-et-Garonne.

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Des modèles adaptés à différents besoins

Le modèle de base, 45 m², coûte environ 90 000 euros. Un second modèle permet d’ajouter une mezzanine pour trois chambres, pour 130 000 euros. Un troisième modèle, de type tiny house de 19,90 m², intéresse particulièrement les bailleurs sociaux pour loger les travailleurs saisonniers. Pétuaud a confié la construction aux Compagnons d’Emmaüs et a créé une entreprise d’économie solidaire ainsi qu’une fondation pour pérenniser le projet.

Un défi réglementaire à relever

Malgré son autonomie énergétique, la maison doit être raccordée au tout-à-l’égout pour obtenir le permis de construire, ce qui limite son indépendance. L’architecte envisage de militer pour lever cette contrainte. En attendant, il prépare un nouveau livre et célèbre le dixième anniversaire de l’auditorium de Bordeaux, un autre de ses projets phares.

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