Tempête Nils : 200 000 m³ de bois à exploiter en Lot-et-Garonne
Tempête Nils : 200 000 m³ de bois à exploiter

Ce sont près de 200 000 m³ de bois qui ont été renversés ou abîmés dans la nuit du 13 février dans le département, rapporte la coopérative Alliance Forêts Bois. Autant de bois à exploiter dans un contexte économique morose et alors que pèse la menace du nématode du pin.

Une année record en 2025, un tableau sombre en 2026

Réunis en assemblée de secteur à Antagnac ce mercredi 20 mai, les coopérateurs lot-et-garonnais d'Alliance Forêts Bois se sont vus présenter le bilan de l'année 2025 : un exercice record pour la première coopérative forestière de France avec un chiffre d'affaires consolidé de 235 millions d'euros grâce à des « prix stables » et une météo favorable. C'est un tableau radicalement opposé qui se dessine en 2026. L'année s'est ouverte avec la menace du nématode du pin, un ravageur de résineux apparu dans les Landes fin 2025, et la tempête Nils, alors que s'amorçait « un renversement du contexte économique » accentué par les conséquences de la guerre menée par les États-Unis en Iran. « L'augmentation du coût du carburant, c'est 500 000 euros par mois de coût supplémentaire. » Un cocktail de mauvaises circonstances comme n'en avait jamais connu en quarante ans de métier le directeur général, Stéphane Viéban, qui prendra sa retraite cet été.

Exploitation du bois chablis : une priorité

Dans le secteur Albret-Val de Garonne, c'est l'exploitation du bois chablis, renversé ou endommagé par la tempête dans la nuit du 13 février, qui est la priorité. Le bilan de Nils a été difficile et long à réaliser car les dégâts, bien qu'importants, ont été diffus dans le massif. La coopérative estime que ce sont près de 200 000 m³ de bois qui ont été abîmés dans le département, soit « plus de 100 000 tonnes, une année de récolte », détaille Frédéric Laby, directeur territorial. La coopérative a pris la décision, sauf à quelques rares exceptions, de n'exploiter que le bois tombé pour l'instant et de reporter les coupes d'arbres debout à plus tard. « C'est un acte de solidarité que nous demandons à nos adhérents », expose Stéphane Viéban. L'idée : ne pas inonder le marché et « n'exploiter que ce qui pourra se vendre ». Ainsi, Alliance Forêts Bois a engagé des machines et des hommes des territoires pas impactés, en l'occurrence la Dordogne pour ce qui concerne le Lot-et-Garonne, pour traiter les parcelles chablis. « Et on déplace aussi les marchés », souligne le directeur général.

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Débouchés limités et enjeux sanitaires

Car trouver des débouchés à toute cette matière ne sera pas aisé. Si après les incendies de 2022, les coupes étaient « parties très vite », rappelle la tête de proue des forestiers, le contexte est bien plus morose. La filière papeterie est à la peine. En témoigne le placement en redressement judiciaire de Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), mise à l'arrêt. Or, il est « un débouché important du bois industrie » lot-et-garonnais. D'autres unités de productions landaises connaissent par ailleurs des soucis techniques. Ne pas laisser les troncs en pile aux abords des forêts répond aussi à un enjeu sanitaire : éviter la prolifération de scolytes, coléoptères redoutés des sylviculteurs. Ceux-là ont déjà fort à faire sur le front du nématode qui, pour l'heure, est encore loin des terres des adhérents lot-et-garonnais, sensibilisés à la stratégie de lutte en cours. « On est au combat », a réaffirmé Stéphane Viéban.

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