Chèvrerie varoise : balades avec le troupeau à Châteaudouble
Balades avec les chèvres à Châteaudouble

À Châteaudouble, dans le Var, la chèvrerie Sant Jan Batisto ouvre chaque jour ses portes aux amoureux de la nature. Depuis 2016, Pierre et sa famille emmènent leurs 48 chèvres sur les sentiers de la commune, offrant aux visiteurs une expérience immersive au cœur du troupeau. Ces balades, qui débutent à 15 heures précises, sont devenues une véritable institution locale.

Une reconversion familiale passionnée

Arrivé en 2016 avec sa femme Catherine et leurs enfants, Pierre a tout quitté pour repartir de zéro et bâtir une nouvelle vie à la ferme. Aujourd'hui, la famille veille sur les bêtes et sur l'étal où se vendent fromages, saucisses et merguez, tous issus directement du troupeau.

« C'est le meilleur moment de ma semaine », confie Malone, un jeune scout toulonnais âgé de 8 ans, après avoir défié une chèvre à la course. « J'ai hâte qu'on fasse la traite ! » Les six scouts, âgés de 7 à 12 ans, participent cette semaine à l'aventure, encadrés par leurs animateurs et par Pierre, qui guide la troupe avec passion.

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Une balade pédagogique et pittoresque

Pendant deux heures, le groupe parcourt les forêts de Châteaudouble, entre rochers, rivière et vieille chapelle. Pierre en profite pour égrener l'histoire du village, glisser quelques souvenirs personnels et veiller sur les brebis galeuses du groupe. Les enfants, eux, s'émerveillent devant les chèvres, comme Elione, 7 ans, qui a sa préférée : « La Reine d'Angleterre, parce qu'elle est toute douce, qu'elle adore les câlins et qu'elle est trop belle ! »

La chèvrerie accueille également des écoles tout au long de l'année pour des sorties pédagogiques, permettant aux enfants de découvrir les animaux et le métier de berger. « Ils sont très proches des animaux et on sent que ça leur fait du bien », confie Catherine. Une classe Ulis du lycée de l'Argens est même reçue chaque année.

Des difficultés financières croissantes

Malgré l'engouement des visiteurs, la chèvrerie traverse une période difficile. « Juste après l'épidémie, on a eu énormément de touristes en camping-car qui sont venus s'installer. Pour nous, c'était formidable, ils consommaient beaucoup de nos produits », se souvient Catherine. Depuis, la fréquentation s'est tarie, laissant place à des difficultés financières.

« C'est de plus en plus compliqué, surtout qu'on vient d'apprendre que les subventions pour la protection des troupeaux contre la prédation du loup vont être divisées par deux », déplore Pierre. Ces nuages financiers se dissipent toutefois lorsqu'il reprend le fil de son récit, avec passion et pédagogie.

Les chèvres, alliées contre les incendies

Au-delà de leur rôle de productrices, les chèvres rendent un service précieux en cette période de risque incendie. En broutant la végétation, elles débroussaillent méthodiquement les sous-bois et réduisent les risques de propagation des flammes. « Les chèvres vont au plus simple, elles mangent ce qu'elles trouvent sur leur passage. Elles nettoient le sous-bois et, forcément, ça diminue les risques d'incendie », explique Pierre. Il regrette que « le pin, un arbre qui propage particulièrement les flammes, a gagné énormément de terrain depuis que le pastoralisme a décliné ».

Fidèle à cette pratique ancestrale, Pierre continue, jour après jour à 15 heures, de mener ses chèvres et d'ouvrir la balade à qui veut la tenter. Alors si l'envie vous prend de veiller sur le troupeau, de défier une chèvre à la course ou de caresser la Reine d'Angleterre, il suffit d'un appel à Pierre au 07.52.03.08.24.

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