Vatican : une centrale agrivoltaïque pour l'autonomie énergétique
Vatican : centrale agrivoltaïque pour l'autonomie

Le Vatican, plus petit État du monde, s'engage dans un vaste projet d'autonomie énergétique. Selon des sources proches des discussions citées par l'agence Reuters, le Saint-Siège prévoit la construction d'une centrale agrivoltaïque près de Rome, destinée à couvrir l'ensemble de ses besoins en électricité grâce à une production renouvelable. L'installation, dont le coût est estimé à 100 millions d'euros, pourrait atteindre une puissance de 80 à 90 mégawatts et entrer en service d'ici dix-huit à vingt-quatre mois.

Un projet sur le domaine de Santa Maria di Galeria

La centrale doit voir le jour à Santa Maria di Galeria, une propriété extraterritoriale du Saint-Siège située au nord-ouest de Rome. Ce site abrite depuis les années 1950 les infrastructures de transmission de Radio Vatican. Sur les quelque 450 hectares du domaine, environ 200 seraient occupés par des panneaux solaires équipés de systèmes de suivi du soleil. Contrairement à une centrale photovoltaïque classique, ces panneaux seront surélevés afin de permettre le maintien de cultures ou d'activités agricoles sous les structures.

Cette approche illustre le principe de l'agrivoltaïsme, qui consiste à faire cohabiter sur une même parcelle production d'électricité et agriculture. L'ombre créée par les panneaux peut notamment limiter l'évaporation de l'eau et protéger certaines cultures contre les épisodes de chaleur extrême. À Santa Maria di Galeria, le dispositif doit d'abord alimenter le centre de Radio Vatican, puis contribuer à rendre la Cité du Vatican entièrement autosuffisante en électricité.

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Un approvisionnement élargi et un surplus injecté dans le réseau italien

L'énergie produite pourrait également bénéficier à certains établissements liés au Saint-Siège, comme l'hôpital pédiatrique Bambino Gesu de Rome. Le surplus, lui, serait injecté dans le réseau électrique italien. Le chantier reste toutefois soumis aux procédures administratives et aux permis nécessaires. Les contrats doivent être attribués à l'issue d'appels d'offres annoncés dans les prochaines semaines. La loi italienne de ratification précise que l'opération ne devra entraîner aucune dépense supplémentaire pour les finances publiques italiennes.

Le projet porte l'empreinte du pape François. En juin 2024, dans une lettre apostolique intitulée Fratello Sole, il avait ordonné la construction d'une installation agrivoltaïque capable d'assurer à la fois l'alimentation de Radio Vatican et « le complet approvisionnement énergétique » de la cité-État. Cette initiative s'inscrivait dans la continuité de son encyclique Laudato si', publiée en 2015, dans laquelle le pontife avait fait de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de l'environnement un axe majeur de son pontificat.

La relance sous Léon XIV et les précédents solaires

Son successeur, Léon XIV, a depuis repris le dossier. Après l'accord signé entre l'Italie et le Saint-Siège en juillet 2025, entré en vigueur le 27 mai 2026, le nouveau pape a créé en juin la fondation « Fratello Sole », chargée de concrétiser le projet. Quelques jours plus tard, le Vatican a également signé un protocole avec le groupe énergétique italien ACEA afin d'avancer sur sa conception et sa mise en œuvre.

Le Saint-Siège n'en est pas à sa première expérience solaire. Dès 2008, sous Benoît XVI, quelque 2 400 panneaux photovoltaïques avaient été installés sur le toit de la salle Paul-VI, utilisée notamment pour les audiences pontificales, note le quotidien conservateur italien La Verità. Mais avec Santa Maria di Galeria, le Vatican change d'échelle : avec une capacité pouvant atteindre 90 mégawatts, la future centrale compterait parmi les plus importantes installations agrivoltaïques d'Italie.

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