Le parc éolien d'Oléron renaît grâce à la nouvelle programmation énergétique
Parc éolien d'Oléron : renaissance grâce à la PPE

Une nouvelle programmation énergétique relance l'éolien en mer

La publication par décret, ce vendredi 13 février, de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) redessine complètement l'horizon de la filière éolienne en mer. Le projet de parc éolien au large d'Oléron, qui semblait abandonné en septembre dernier faute de candidats, connaît ainsi un regain d'intérêt inattendu. Cette nouvelle feuille de route énergétique établit des objectifs légèrement revus à la baisse mais plus réalistes : 15 gigawatts de puissance installée d'ici 2035 et 18 gigawatts à l'horizon 2037.

Un calendrier ajusté pour des projets plus solides

Ce léger décalage calendaire vise principalement à absorber les délais de raccordement au réseau électrique, mais il est également présenté comme une opportunité pour lancer des appels d'offres supplémentaires sur l'ensemble des façades maritimes françaises. Pour atteindre les ambitions de cette nouvelle PPE, il devient difficile de faire l'impasse sur l'arc atlantique, ce qui pourrait permettre au site au large d'Oléron de refaire surface dans les plans énergétiques nationaux.

Cette perspective est accueillie avec un optimisme mesuré par Rémi Justinien, vice-président à la Région chargé de l'économie de la mer et défenseur d'une énergie produite en France. Pour lui, la nouvelle PPE représente « une bouffée d'oxygène » qui devrait permettre de relancer les appels d'offres sur des bases économiques plus saines et plus durables.

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Optimisme politique face aux réalités techniques

L'échec retentissant de l'appel d'offres d'Oléron 1 à l'automne dernier - aucun industriel n'ayant déposé de dossier pour ce parc d'un gigawatt situé à 40 kilomètres des côtes - avait mis en lumière un modèle économique jugé intenable. Le tarif de rachat bloqué à 100 euros par mégawattheure était considéré comme trop bas pour assurer la rentabilité du projet.

Rémi Justinien espère désormais que l'État saura proposer des conditions plus attractives et plus rentables pour les investisseurs. Cependant, cette lecture optimiste est loin d'être partagée par tous les acteurs du dossier. Dominique Chevillon, membre du comité de pilotage de Nemo (Non à l'éolien marin à Oléron et à ses extensions), considère que l'annonce de la PPE acte surtout « la fin du tout renouvelable » au profit d'une relance du nucléaire.

« Il n'y a pas d'indices permettant d'envisager sérieusement l'installation de gigawatts sur Oléron », affirme-t-il avec conviction. Selon son analyse, les mêmes écueils techniques continueront de faire fuir les industriels : « À Oléron, la profondeur exceptionnelle de 70 mètres nécessite des technologies au stade de prototype. Les grands groupes industriels n'ont pas de garantie de rentabilité suffisante pour s'engager dans un tel projet ».

Un équilibre délicat entre ambitions et faisabilité

La troisième programmation pluriannuelle de l'énergie ouvre donc une nouvelle phase pour l'éolien en mer français, mais elle révèle également les tensions persistantes entre :

  • Les ambitions politiques en matière de transition énergétique
  • Les réalités économiques du secteur
  • Les contraintes techniques spécifiques à chaque site
  • Les oppositions locales et environnementales

Le cas d'Oléron illustre parfaitement ces défis multiples. Alors que le projet semblait définitivement enterré il y a quelques mois, la nouvelle PPE lui offre une seconde chance, mais sous conditions. La réussite dépendra largement de la capacité des pouvoirs publics à proposer un cadre économique viable et de la volonté des industriels à surmonter les obstacles techniques spécifiques à ce site particulièrement complexe.

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