Ekindar : l'énergie solaire en circuit court au Pays basque
Énergie solaire locale : le modèle Ekindar

La société coopérative Ekindar a implanté deux premières centrales photovoltaïques dans le secteur d’Hasparren, au Pays basque. Elle en projette 15 autres, dans une démarche d’énergie en circuit court. « Très court », appuie Daniel Hegoburu, président d’Ekindar. Cette société coopérative d’intérêt collectif (Scic) produit de l’électricité solaire destinée à la consommation locale, dans un rayon de 20 kilomètres autour d’Hasparren.

Un modèle d’autoconsommation collective

Une première centrale photovoltaïque fonctionne déjà à Mendionde, alimentant des commerces et une dizaine de particuliers. Une autre subviendra bientôt aux besoins des grottes d’Isturitz et Oxocelhaya. Quinze autres suivront. Ekindar réunit 200 sociétaires, dont cinq municipalités : Isturits, Hasparren, Ayherre, Briscous et La Bastide-Clairence. La Communauté d’agglomération Pays basque et le Département sont aussi associés, ainsi que sept entreprises, une association et deux fermes.

« Nous nous situons dans la logique des boucles d’autoconsommation, comme alternative aux énergies fossiles et fissiles », résume Daniel Hegoburu. Le principe est simple : les acteurs coopératifs trouvent des toits pour installer les panneaux solaires, puis utilisent les réseaux d’Enedis pour fournir des clients à proximité. « L’énergie produite reste à la main des communes et des gens du territoire. »

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Des prix fixes sur 20 ans

Joëlle Darricau, directrice des grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya, a accepté la pose de panneaux sur le toit d’un bâtiment scientifique. « J’ai lu le mot ‘centrale’. Ici, une centrale ! Un monument historique témoin de 80 000 ans de présence humaine ! Que pasa ? », s’est-elle exclamée. Après avoir été rassurée sur l’absence de batterie, elle a donné son accord. La centrale livrera bientôt 36 kilowattheures, suffisants pour la consommation des grottes.

Actuellement, la moitié des 100 kilowattheures produits à Mendionde a trouvé des clients. « L’objectif est de vendre 98 % de notre production en local », explique Daniel Hegoburu. Le surplus est racheté par Enedis. Ekindar fournit déjà le petit supermarché Spar de Briscous et la pépinière d’entreprises Aldatu d’Hasparren. « Pour le Spar, cela représente 30 % de ses besoins. Les activités nécessitant du froid sont très intéressées car très énergivores. Nous allons avoir des restaurants prochainement. L’avantage, c’est que nos prix sont fixes pendant 20 ans. »

Jean-Paul Damestoy, un autre coopérateur, précise : « La durée de vie des panneaux solaires se situe entre 20 et 30 ans. Pendant 20 ans, nous produisons une électricité dont le coût ne dépend pas des aléas géopolitiques et crises diverses. Et nous ne versons pas de dividendes à des actionnaires. »

Une électricité compétitive et vertueuse

Les centrales photovoltaïques ne produisent que le jour, les consommateurs gardent donc un fournisseur traditionnel pour le reste. « Nous sommes capables d’atteindre 20 % de la facture d’électricité de chacun », estime Daniel Hegoburu. « Il faut voir notre apport comme un moyen de réduire sa facture énergétique de manière vertueuse. » Ekindar propose le kilowattheure à 18,6 centimes d’euro TTC, contre 19,8 centimes pour le tarif réglementé, soit une économie potentielle de 5 à 6 %.

La Scic Ekindar a obtenu 680 000 euros de fonds européens (Feder) pour financer ses 15 autres centrales en projet, soit un peu plus de la moitié de l’investissement total de 1,2 million d’euros. « Nous avons lancé un appel d’offres pour les installateurs des six premières », indique Daniel Hegoburu. Des toits attendent leurs panneaux à Mendionde, Hasparren et Bardos. Le projet complet générera 1,4 gigawattheure par an.

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