Hydroélectricité française : la fin d'un blocage de vingt ans avec l'Europe
Hydroélectricité : fin du blocage franco-européen après 20 ans

Hydroélectricité française : la fin d'un blocage historique avec Bruxelles

L'hydroélectricité française, première source d'énergie verte du pays représentant 11% du mix électrique, sort enfin d'une paralysie de près de vingt ans. Ce contentieux opposait la France à la Commission européenne, qui exigeait l'ouverture à la concurrence des barrages dont la concession était arrivée à échéance, une demande que Paris refusait catégoriquement.

De la crise au déblocage

Malgré deux mises en demeure de Bruxelles en 2015 et 2019, la position française restait inflexible. La crise énergétique a finalement changé la donne, rendant insoutenable le statu quo d'un parc hydraulique essentiel pour l'équilibre du réseau électrique. L'été dernier, Paris et Bruxelles ont trouvé un accord de principe historique.

Les barrages français abandonneront le régime rigide de concession pour adopter celui, plus souple, d'autorisation. Cette solution, déjà évoquée par L'Express en 2023, correspondait également à l'option privilégiée par EDF, qui exploite les trois quarts des installations hydrauliques du territoire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les conditions du nouvel équilibre

En contrepartie, le groupe public devra mettre à disposition 6 gigawatts (GW) de sa production hydroélectrique à des fournisseurs tiers. Ce principe est désormais inscrit dans une proposition de loi récemment approuvée par l'Assemblée nationale, et dont les sénateurs doivent se saisir début avril.

"2026 pourrait être l'année du déblocage de tous nos problèmes", espère Xavier Casiot, président de France Hydro Electricité, soulignant que "notre territoire dispose d'un vrai potentiel".

Une relance concrète et symbolique

Mi-février, le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi le barrage de Vouglans, dans le Jura, pour présenter la feuille de route énergétique (PPE3) du pays. Ce lieu, moins clivant qu'une centrale nucléaire ou qu'un parc éolien, a permis d'acter symboliquement la relance d'une énergie consensuelle.

Selon la PPE, la capacité hydroélectrique doit augmenter de 12% d'ici à 2035, pour atteindre 28,7 GW. Un objectif qualifié de "relativement prudent" et "modéré au regard du potentiel technique identifié" par France Hydro Electricité. Dans une étude récente, le syndicat estimait en effet que la production hydraulique pouvait augmenter de 20%.

Un avenir enfin dégagé

Cette évolution réglementaire marque un tournant décisif pour l'hydroélectricité française. Après des décennies d'incertitude, le secteur peut désormais envisager son développement sereinement, avec des objectifs clairs et un cadre juridique stabilisé. La complémentarité entre souveraineté énergétique et ouverture contrôlée à la concurrence semble enfin trouvée, ouvrant la voie à des investissements attendus depuis trop longtemps.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale