Vermilion lance un vaste programme de fermeture de puits pétroliers en France
Le groupe canadien Vermilion, premier producteur de pétrole sur le territoire français, a annoncé un investissement de 9 millions d'euros pour l'année 2026 destiné à la fermeture définitive de certains puits de pétrole. Cette opération s'inscrit dans une stratégie de rationalisation de ses activités et de conformité avec la législation environnementale française.
Une opération technique complexe à Parentis-en-Born
Dans les Landes, plus précisément sur une parcelle du quartier Herran à Parentis-en-Born, une plateforme spéciale a été installée pour procéder au bouchage d'un puits historique. Foré en 1957 et inactif depuis 1971, ce puits avait servi pendant plusieurs années de site de formation pour le personnel spécialisé dans les réparations. « Aujourd'hui, l'objectif est simple : le fermer définitivement », explique Christelle Dupouy, responsable des relations publiques France chez Vermilion.
Les travaux, qui devraient durer plusieurs semaines, interviennent sur une zone située à 1 500 mètres de profondeur, tandis que le réservoir lui-même se trouve à environ 2 000 mètres. Maxime Berthomé, responsable des travaux, détaille le processus : « L'idée est de reconstituer les couches imperméables en y déversant du béton. Au total, nous allons dépasser les 50 m³ de béton coulé ». Une fois le puits scellé et les installations démantelées, le terrain sera restitué à son propriétaire.
Un producteur majeur qui adapte sa stratégie
Vermilion est le premier producteur de pétrole en France avec une production quotidienne de 1 100 m³, représentant un peu moins de 1% de la consommation nationale. Le groupe exploite 26 concessions réparties entre le bassin aquitain et le bassin parisien, totalisant 450 puits en activité.
Dans les Landes, l'entreprise intervient sur trois concessions, dont celle de Parentis-en-Born qui est la plus importante avec 60 puits encore actifs et une extraction quotidienne de 200 m³ de pétrole brut. « Une importante partie du gisement se trouve sous le lac, environ quarante puits », précise Christelle Dupouy. La production est acheminée vers le bec d'Ambès par un pipeline de 94,3 km avant d'être stockée et transférée vers des navires pétroliers pour le raffinage en France.
Depuis trois ans, Vermilion a multiplié les fermetures de puits en France. « Ces puits sont fermés car ils n'ont plus d'intérêt technique ou économique et ne peuvent faire l'objet d'une reconversion », indique la responsable.
Conformité avec la loi Hulot et recherche de reconversion
Adoptée en 2017, la loi Hulot a mis un terme à la recherche d'hydrocarbures sur le sol français et prévoit la fin de toute exploitation d'ici 2040. « D'ici là, nous allons continuer à produire du pétrole. Aussi, nous recherchons des solutions de reconversion de nos ouvrages, gisements et compétences », conclut Christelle Dupouy.
Deux pistes sont actuellement explorées par le groupe :
- Le stockage de CO2 incompressible dans les gisements pétroliers
- La production d'hydrogène à partir des gisements existants
Valorisation énergétique et initiatives locales
Parallèlement à ses activités pétrolières, Vermilion développe des projets de valorisation énergétique. Lors de l'exploitation des gisements, l'entreprise récupère non seulement du brut mais aussi d'importantes quantités d'eau chaude. Dans les Landes, les calories de cette eau sont utilisées pour chauffer les serres de tomates de l'entreprise Tom d'Aqui. Des réalisations similaires existent également en Gironde, démontrant une approche multifacette de la gestion des ressources énergétiques.
Ce programme d'investissement de 9 millions d'euros pour 2026 représente une étape significative dans l'adaptation du secteur pétrolier français aux nouvelles réalités environnementales et économiques, tout en préservant les compétences techniques développées sur plusieurs décennies d'exploitation.



