Depuis la mi-avril, le loup a multiplié les attaques dans la Meuse, l'Aveyron et la Haute-Loire, où 25 brebis ont été tuées dans la nuit du 5 au 6 mai. Ces prédations exacerbent les tensions au sein des territoires.
Deux visions qui s'opposent
Alors que l'ONU a déclaré 2026 année du pastoralisme, deux tendances s'affrontent : les environnementalistes défendent la présence du loup dans son espace naturel, tandis que les éleveurs défendent un métier ancestral. Exaspérés, ils n'attendent pas grand-chose du volet prédation de la Loi d'urgence agricole, jugeant les mesures insuffisantes, inefficaces et inadaptées, malgré le déclassement européen du loup, passé d'espèce « strictement protégée » à « protégée » depuis juin 2025.
Ce que change le nouvel arrêté
Depuis le 1er avril 2026, le quota de prélèvement passe de 19 % à 21 %. Les tirs de défense deviennent déclaratifs en zones Cercles 0, 1 et 2 (délimitées selon le degré de prédation). Le loup ne peut être tiré que s'il est vu près du troupeau, par un détenteur de permis de chasse. Un registre doit être tenu. Le monoculaire thermique est autorisé, mais pas la visée thermique sur arme, ce qui rend le tir nocturne inefficace : le loup s'enfuit et revient.
Des nuits de veille épuisantes
Cette prédation impacte le moral des éleveurs. Le député Jean-François Roussel (Aveyron) a relaté une attaque sur un troupeau bio : 16 brebis tuées sur 109. Il a participé à une veille de tir de défense et déclare : « Surveiller son troupeau la nuit, armes en main, n'est pas le métier d'un éleveur. » Il appelle à renforcer la brigade loup et les lieutenants de louveterie.
Comment une société peut-elle accepter que des éleveurs passent des nuits dehors, avec une législation inadaptée, pour protéger un prédateur protégé par des idéaux ? Ce scénario anachronique rappelle le 18e siècle, quand il fallait éloigner le loup des étables.
L'Europe dépassée
En Italie, une habitante du Val di Rabbi a été attaquée par un loup en février, et un agriculteur du sud Tyrol a été hospitalisé en mai 2025. Avec 23 000 loups recensés en Europe de l'Ouest et 60 000 animaux d'élevage attaqués chaque année, l'Europe ne parvient pas à juguler la prédation. Une prolifération qui pourrait représenter un danger pour l'homme. Les autorités réagiront-elles seulement quand des randonneurs ou des enfants seront attaqués ?



