Eric Lombard : le déficit nuit gravement à la jeunesse
Eric Lombard : le déficit nuit gravement à la jeunesse

Dans une tribune publiée par Le Monde, l'ancien ministre de l'Économie Eric Lombard alerte sur les conséquences du déficit public pour la jeunesse. Selon lui, « nous versons plus d'argent en intérêts à nos créanciers que pour former nos enfants ». Cette situation, qu'il juge « gravissime », compromet l'avenir des générations futures.

Un constat alarmant sur les finances publiques

Eric Lombard, qui a dirigé le ministère de l'Économie sous le gouvernement précédent, dénonce une « folie budgétaire » qui conduit la France à consacrer des sommes colossales au remboursement de sa dette. En 2025, le pays a dépensé 52 milliards d'euros en intérêts de la dette, tandis que le budget de l'Éducation nationale s'élevait à 49 milliards d'euros. « Ce chiffre est intenable », affirme-t-il.

L'ancien ministre rappelle que la France affiche un déficit public de 5,5 % du PIB en 2026, bien au-dessus de la moyenne européenne. « Chaque année, nous creusons un peu plus le fossé entre nos promesses et nos moyens », ajoute-t-il.

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Un impact direct sur la jeunesse

Pour Eric Lombard, le déficit n'est pas une abstraction : il se traduit par des coupes dans les budgets dédiés à l'éducation, à la formation professionnelle et à l'emploi des jeunes. « Les jeunes sont les premières victimes de cette gestion à courte vue », déclare-t-il. Il cite en exemple la baisse de 10 % des crédits alloués à l'apprentissage en 2026, alors que ce dispositif permettait à 800 000 jeunes de se former chaque année.

L'ancien ministre plaide pour un « rééquilibrage urgent » des priorités budgétaires. « Nous devons investir massivement dans la jeunesse, car c'est elle qui portera notre pays demain », insiste-t-il.

Des propositions concrètes pour sortir de l'impasse

Eric Lombard propose plusieurs pistes pour réduire le déficit sans sacrifier la jeunesse. Il suggère notamment de « supprimer les niches fiscales inefficaces », qui coûtent selon lui 80 milliards d'euros par an, et de « réformer en profondeur les dépenses de fonctionnement de l'État ». Il préconise également une « fiscalité plus juste sur les grandes fortunes » pour dégager des marges de manœuvre.

« Il ne s'agit pas de faire de l'austérité, mais de choisir nos priorités », précise-t-il. Selon lui, la France pourrait ainsi dégager 15 milliards d'euros supplémentaires pour la formation des jeunes en trois ans.

Un appel à la responsabilité collective

L'ancien ministre conclut sa tribune par un appel aux responsables politiques et à la société civile. « La dette n'est pas une fatalité, c'est un choix politique », écrit-il. Il les exhorte à « mettre fin à l'hypocrisie » et à « agir avant qu'il ne soit trop tard ».

Cet avertissement intervient alors que le gouvernement actuel prépare le budget 2027, qui devra respecter les nouvelles règles budgétaires européennes. Eric Lombard espère que ses propositions seront entendues pour « garantir un avenir digne à notre jeunesse ».

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