EDF souhaite « tester la flexibilité du système électrique français » en proposant de nouveaux tarifs. Le fournisseur va expérimenter des grilles tarifaires modulables auprès de 6 600 foyers afin d'évaluer leur capacité à décaler leur consommation lors des pics de demande. L'objectif est de mesurer si ces ménages peuvent adapter leur consommation électrique en réponse à des « signaux tarifaires », comme le détaille le fournisseur d'électricité après la publication d'un décret paru mardi au Journal officiel.
Quel est l'objectif ?
Grâce à ce principe, EDF veut inciter ses clients à décaler certains de leurs usages grâce à des variations de prix ou des incitations financières. Le tout à des moments plus favorables pour le réseau électrique, par exemple lorsque la demande globale est basse ou que la production renouvelable, notamment solaire, est abondante. « Avec le développement des énergies renouvelables, on enregistre plus de production l'été en pleine après-midi », illustre une employée du fournisseur auprès de 20 Minutes. « D'autres fois, on observe un pic de consommation plutôt le soir quand les personnes rentrent du travail. L'idée est de pouvoir lisser ces courbes de consommation grâce à des prix plus ou moins attractifs. » En fonction des différentes grilles, l'électricité sera plus chère aux heures de pointe « mais moins chère à d'autres moments de la journée », un peu sur le même principe que les heures pleines et les heures creuses.
Quels sont les foyers concernés ?
L'expérimentation, qui débutera le 1er octobre pour une durée d'un an, ciblera 6 600 foyers tirés au sort et abonnés à l'option de base – c'est-à-dire sans heures pleines et heures creuses – du tarif réglementé plus communément appelé « tarif bleu ». « Le but étant d'amener à des évolutions de ce tarif » sur le long terme, détaille le fournisseur. Autre critère : l'expérimentation ne pourra avoir lieu que si le foyer « dispose d'un compteur Linky communicant », ajoute EDF. Les ménages tirés au sort seront prévenus au moins quatre mois à l'avance et auront la possibilité de manifester leur souhait de ne pas participer à l'expérimentation. EDF pourra ensuite élaborer un échantillonnage de trois groupes test : « 2 200 clients seront testés sur une première grille tarifaire, 2 200 sur une deuxième grille et 2 200 clients seront considérés comme témoins. » Cette dernière catégorie ne recevra aucun signal tarifaire mais servira de base de comparaison.
Une expérimentation oui, mais à quel prix ?
Pour les foyers concernés, pas de panique, rassure EDF. À l'issue de l'expérimentation, « le client verra sur sa facture une ligne supplémentaire qui indiquera le gain éventuel lié à sa consommation. S'il a pu faire des économies, il pourra les percevoir », détaille le fournisseur d'électricité à 20 Minutes. La facture finale ne pourra pas dépasser le montant qu'ils auraient de toute façon payé en restant sur leur offre classique.
Et après ?
Au cours de cette expérimentation, le gestionnaire du réseau de distribution Enedis va collecter la « courbe de charge » des participants et relever la consommation électrique des usagers par tranches de trente minutes, une donnée qui sera ensuite transmise et analysée par EDF. Le fournisseur d'électricité français assure qu'il transmettra un rapport d'évaluation à la fin de l'expérimentation. Ce dernier sera remis au ministre chargé de l'énergie et à la Commission de régulation de l'énergie (CRE). « Ce sont eux qui prendront les décisions sur les suites à donner. »



