Près de 30 000 usagers partent en mer sur leurs engins nautiques à partir des cales de mise à l'eau en Occitanie. Une étude inédite du Parlement de la mer, menée en lien avec l'Union des villes portuaires d'Occitanie (UVPO), dresse un état des lieux contrasté de ces infrastructures, entre accessibilité, prix modérés et frictions récurrentes avec les propriétaires de jet-skis.
5 000 plaisanciers en attente d'une place à quai
Si les ports d'Occitanie proposent plus de 30 000 anneaux aux propriétaires de bateaux, l'offre ne suffit pas à satisfaire la demande. Quelque 5 000 personnes patientent sur liste d'attente pour obtenir un poste d'amarrage. Face à cette pénurie, de nombreux plaisanciers choisissent de garder leur embarcation chez eux et d'utiliser les cales de mise à l'eau pour accéder à la mer. Selon l'étude, environ 30 000 usagers pratiquent ainsi le carénage à terre et la mise à l'eau ponctuelle.
Une cale tous les 10 km : un maillage jugé suffisant
La région Occitanie compte 39 cales de mise à l'eau, réparties sur l'ensemble du littoral méditerranéen. Didier Codorniou, premier vice-président de la région Occitanie et président du Parlement de la mer, souligne que « nous avons une cale de mise à l'eau tous les 10 km maximum, leur nombre est suffisant et accessible au grand public ». Près de 8 ports sur 10 possèdent au moins une cale, certaines en comptent jusqu'à trois. La fréquentation moyenne est de 750 bateaux par an, mais elle varie fortement : de seulement 50 à presque 4 000 selon les sites.
Des prix accessibles mais des disparités
L'étude révèle des écarts importants dans le nombre de places de stationnement disponibles, allant de cinq à plus d'une centaine. Les tarifs d'accès oscillent entre 10 et 21 euros, avec parking inclus dans l'enceinte du port ou à proximité. Geneviève Tapié, vice-présidente du Parlement de la mer, estime qu'il s'agit de « prix accessibles pour le plus grand nombre ». Par ailleurs, 86 % des cales proposent des places de parking, facilitant l'accès aux usagers.
Conflits d'usage : les jet-skis pointés du doigt
L'étude met en lumière des tensions récurrentes sur certaines cales. 52 % des répondants « indiquent avoir connu au moins un incident sur leur cale », et la moitié d'entre eux ont choisi d'interdire l'accès aux propriétaires de jet-skis particuliers. Didier Codorniou reconnaît qu'« il y a des conflits d'usage, effectivement parfois avec les jet-skis ». Serge Pallares, président de l'UVPO, rappelle que « la mer c'est un espace de rigueur et de liberté et pour tout ce qui touche à l'utilisation maritime, ces deux critères doivent être pris en compte ». Dans certains départements, notamment les Pyrénées-Orientales, des cales ont disparu ou sont devenues payantes, ce qui a pu exacerber les frictions.
Un bilan positif malgré des points de vigilance
Malgré ces difficultés, le bilan global de l'étude est plutôt positif. Didier Codorniou insiste : « il y a beaucoup de bateaux dans les garages ou sur des terrains et ils doivent pouvoir profiter de la Méditerranée ». Il ajoute que la région, via le plan Littoral 21, a investi 31 millions d'euros pour la modernisation des ports. Serge Pallarès abonde : « Des usagers nous disent que le littoral a été privatisé, mais il y a des cales libres d'accès partout, de Port-Camargue à Cerbère, elles sont opérationnelles et nous allons continuer à sensibiliser tous les ports. »
Des recommandations pour l'avenir
Le Parlement de la mer entend rester vigilant. Didier Codorniou conclut : « Globalement, on n'est pas trop mal, il faut rester vigilant et le parlement de la mer est là pour ça. » L'étude recommande notamment de clarifier la situation de l'ensemble des cales, d'harmoniser les tarifs et de mieux réguler l'accès des jet-skis afin de réduire les incidents et de garantir un usage apaisé de ces infrastructures essentielles à la plaisance en Occitanie.



