Dans son nouvel essai «Verts de rage. Pour une insurrection écologique», l'historien François Jarrige livre un plaidoyer radical contre le capitalisme, qu'il tient pour responsable de la destruction de la planète. Publié aux éditions La Découverte, l'ouvrage de 256 pages (19 euros) propose une synthèse historique des luttes écologiques et un appel à l'action directe.
Un constat sans appel
Jarrige, maître de conférences à l'université de Bourgogne, spécialiste de l'histoire des techniques et de l'écologie politique, dresse un bilan accablant de l'état de la Terre. Il rappelle que selon le dernier rapport du Giec, les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 45% d'ici 2030 pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Or, elles continuent d'augmenter. «Le capitalisme est un système qui, par nature, ne peut pas être durable», écrit-il.
Une histoire des luttes
L'historien retrace les grandes étapes de la pensée écologique, des premiers avertissements de George Perkins Marsh au XIXe siècle jusqu'aux mouvements contemporains comme les Soulèvements de la Terre. Il met en lumière des figures oubliées, comme l'écologiste libertaire Élisée Reclus, et des épisodes marquants, tels que la lutte contre le nucléaire à Creys-Malville dans les années 1970. Jarrige souligne que «chaque génération a redécouvert l'urgence écologique sans parvenir à inverser la tendance».
L'insurrection comme seule issue
Pour Jarrige, la solution ne peut venir des institutions politiques ou du marché. Il appelle à «une insurrection écologique» qui combine désobéissance civile, blocages économiques et réappropriation des moyens de production. Il cite l'exemple de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme laboratoire de ce type de résistance. «Il ne s'agit pas de réformer le système, mais de le renverser», affirme-t-il.
Des critiques attendues
L'essai ne manquera pas de susciter des controverses. Certains écologistes modérés lui reprochent déjà son ton radical et son absence de propositions concrètes pour une transition en douceur. Mais Jarrige assume : «L'urgence est telle que les solutions modérées sont devenues des leurres. Il faut une rupture nette avec le productivisme.»
Un appel à l'action
En conclusion, «Verts de rage» se veut un manuel de combat. Jarrige y détaille des modes d'action, des boycotts aux occupations de terres, en passant par la désertion des institutions. Il invite chaque citoyen à «devenir un allié de la Terre» en rejoignant les mouvements insurrectionnels. Un livre qui, à n'en pas douter, alimentera les débats sur l'avenir de l'écologie politique.



