Donald Trump abroge une mesure phare de l'ère Obama sur le climat
Dans un revirement majeur portant un coup sévère à l'action climatique mondiale, Donald Trump a annoncé, jeudi 12 février, l'abrogation d'un texte datant de la présidence de Barack Obama. Ce texte, adopté en 2009 par l'Agence de protection de l'environnement (EPA), servait de fondement juridique à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.
Un texte clé pour la régulation environnementale
Le texte en question, appelé constat de mise en danger (Endangerment finding), stipulait que six gaz à effet de serre, dont le CO2 et le méthane, étaient dangereux pour la santé publique. Cela les plaçait dans le périmètre des polluants réglementés par l'EPA, ouvrant la voie à des normes fédérales pour limiter leurs rejets, notamment pour les véhicules et les centrales électriques.
Donald Trump a affirmé depuis la Maison Blanche que ce texte n'avait aucun fondement juridique. Sa révocation met immédiatement fin aux normes d'émissions pour les véhicules et pourrait conduire à l'annulation d'autres réglementations environnementales.
Des conséquences économiques et environnementales
Grand défenseur des énergies fossiles comme le pétrole et le charbon, Donald Trump a justifié cette décision en affirmant qu'elle économiserait des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains, en réduisant notamment le coût des voitures neuves. Cette annonce s'inscrit dans une série de reculs climatiques depuis son retour au pouvoir, incluant le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris et la suppression de nombreuses normes environnementales.
En janvier, l'administration Trump avait également annoncé le retrait de son pays de 66 organisations, dont des instances clés comme la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Une bataille judiciaire en perspective
Les organisations environnementales et scientifiques ont vivement critiqué cette décision, la qualifiant de contraire à la science et à l'intérêt public. Elles préparent déjà des contestations en justice, arguant que les gaz à effet de serre doivent être traités comme des polluants en raison de leurs effets sur la santé et l'environnement.
Donald Trump minimise le rôle des activités humaines dans le changement climatique, affirmant que les effets de ces gaz sont indirects et globaux plutôt que locaux. Cette affaire pourrait déboucher sur une longue bataille judiciaire, potentiellement jusqu'à la Cour suprême.
Contexte climatique alarmant
Ce revirement survient dans un contexte où l'année 2025 a été confirmée comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Les effets du dérèglement climatique se font sentir à travers les États-Unis et le monde, avec des manifestations tangibles comme des vagues de chaleur et des événements météorologiques extrêmes.
Malgré cela, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas dans les pays développés, faute d'investissements suffisants dans les technologies bas carbone. Cette décision de l'administration Trump risque d'aggraver cette tendance, remettant en question les engagements internationaux en matière de climat.