Suez teste à Béziers un labo unique pour des eaux usées de très haute qualité
Suez teste à Béziers un labo unique pour eaux usées

Le groupe Suez a mis en place à la station d'épuration de Béziers un laboratoire unique en France, destiné à tester en conditions réelles des solutions de purification de l'eau. L'objectif est de produire une eau recyclée de très haute qualité sanitaire et environnementale, pouvant être utilisée pour de nombreux usages, notamment agricoles et urbains.

Un territoire pionnier en matière de sobriété hydrique

Antoine Bréchignac, directeur régional des activités Eau de Suez, souligne l'urgence d'agir face au réchauffement climatique : « Aujourd'hui, le réchauffement climatique est une réalité du quotidien. Il est urgent d'agir pour assurer la disponibilité de l'eau sur le territoire. » Le Biterrois, région agricole et touristique fortement consommatrice d'eau, se distingue par son avance en matière de sobriété. Les collectivités héraultaises ont fixé des objectifs ambitieux il y a quinze ans, permettant une réduction de 40 % des pertes sur le réseau d'eau potable géré par Suez dans l'Hérault. Cependant, la sobriété ne suffit plus, et il devient nécessaire de développer de nouvelles ressources en eau, notamment par la réutilisation des eaux usées traitées (REUT).

Une expérimentation pour élargir le champ des possibles

Le laboratoire de Béziers vise à anticiper l'évolution de la réglementation française, qui autorise actuellement des usages limités des eaux usées traitées. Suez teste des technologies avancées, comme le traitement par charbon actif pour éliminer les micropolluants, dont certains PFAS, et l'osmose inverse pour réduire la salinité et les contaminants. Ces procédés permettent de récupérer 90 à 95 % de l'eau traitée, contre des pertes plus élevées avec les méthodes classiques. « L'enjeu est d'élargir le champ des possibles afin d'adapter les solutions de REUT aux besoins du territoire », explique Antoine Bréchignac. Actuellement, seulement 1 % des eaux usées traitées sont réutilisées en France, contre 12 % en Espagne, 8 % en Italie et jusqu'à 95 % en Israël.

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Un projet soutenu par l'État et l'Ademe

Ce projet bénéficie d'un financement de l'État dans le cadre du plan France 2030, opéré par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Il s'inscrit dans une démarche plus large de sécurisation de la ressource en eau. L'agglomération de Béziers a également confié à Suez une étude pour préserver durablement l'eau, alors que la région dépend principalement de l'Orb et des nappes souterraines associées, comme la nappe astienne. Pour compenser la baisse du niveau des nappes lors des périodes d'étiage, Suez va expérimenter un pilote d'infiltration, une première en France. Un bassin de 50 m³ sera construit sur le site de la station d'épuration pour tester l'injection d'eau traitée dans l'aquifère.

Un suivi scientifique rigoureux

Le protocole de suivi, élaboré par les scientifiques de Suez, comprendra des mesures régulières du niveau d'eau et des analyses physico-chimiques et microbiologiques. Un comité scientifique indépendant supervisera l'expérimentation. « Une année hydrologique complète d'expérimentation est prévue, indique Antoine Bréchignac. Un bilan de fin d'expérimentation permettra de conclure sur l'impact du dispositif et les conditions nécessaires pour un éventuel passage à l'échelle réelle. » Le dossier est en cours d'élaboration, et le démarrage de l'expérimentation est prévu en janvier 2027.

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