Dans une tribune publiée le 19 août 2026, un collectif de scientifiques dénonce l'usage des grands réservoirs artificiels, communément appelés « mégabassines », comme une réponse inadaptée à la sécheresse. Selon eux, ces infrastructures témoignent d'une méconnaissance des cycles de l'eau et des causes de leur dégradation. Alors que 25 projets de ce type sont actuellement contestés en France, les chercheurs appellent à repenser la gestion de l'eau.
Des réservoirs qui ne résolvent pas le problème
Les scientifiques expliquent que les mégabassines, qui consistent à stocker de l'eau en surface, ne tiennent pas compte du fonctionnement naturel des aquifères et des rivières. « Ces ouvrages prélèvent l'eau en hiver pour la restituer en été, mais ils ignorent les besoins des écosystèmes et les mécanismes de recharge des nappes », précise la tribune. Cette approche, jugée simpliste, risque d'aggraver la pression sur les ressources en eau plutôt que de la réduire.
Une contestation croissante
En France, 25 projets de mégabassines sont actuellement contestés, notamment par des associations environnementales et des agriculteurs. Les opposants dénoncent une accaparement de l'eau par quelques acteurs, au détriment des usages partagés. Les scientifiques rappellent que la dégradation des cycles de l'eau est due à des facteurs multiples : artificialisation des sols, drainage, surconsommation, changement climatique. « Il est illusoire de croire qu'une simple retenue d'eau peut compenser ces déséquilibres », ajoutent-ils.
Vers une gestion intégrée de l'eau
Pour les auteurs de la tribune, il est urgent de privilégier des solutions fondées sur la nature : restauration des zones humides, agroécologie, sobriété des usages. Ils appellent à une planification territoriale associant tous les acteurs, plutôt qu'à des investissements massifs dans des infrastructures coûteuses. « La gestion de l'eau doit être pensée à l'échelle des bassins versants, en intégrant les cycles naturels et les besoins humains », concluent-ils.
Cette tribune intervient alors que le gouvernement français prépare un plan de gestion de la ressource en eau pour 2027. Les scientifiques espèrent que leurs recommandations seront prises en compte pour éviter des choix technocratiques contraires à l'intérêt général.



