Malcom Ferdinand : l'écologie décoloniale en France
Malcom Ferdinand : écologie et décolonisation

Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS, incarne en France l'écologie décoloniale. À 34 ans, il publie « Une écologie décoloniale » (Seuil, 2019), une formule qui suscite d'abord la perplexité. À l'époque, l'histoire coloniale redevient un enjeu politique et polémique majeur, prélude à la dénonciation du wokisme des années post-Covid. En accouplant « écologie » et « colonialisme », Ferdinand ouvre un nouveau front : même en matière d'écologie, l'Occident doit regarder son passé colonial.

Un parcours atypique

Ingénieur de formation, venu à la recherche après des études de philosophie, Ferdinand allie rigueur scientifique et sensibilité historique. Ses travaux minutieux et sa plume de qualité lui confèrent une légitimité rare. Son lien intime avec cette histoire – il est originaire de la Martinique – nourrit sa réflexion.

Les liens entre écologie et colonialisme

Dès que l'on creuse, le rapprochement devient une évidence : les méfaits écologiques du capitalisme sont reliés à ses crimes coloniaux. L'extraction massive de matières premières a été rendue possible par la colonisation. L'agriculture intensive, la déforestation, l'exploitation des ressources naturelles ont souvent été imposées aux colonies. Ferdinand démontre que la crise écologique actuelle ne peut être comprise sans intégrer la dimension coloniale.

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Une pensée qui bouscule

En France, l'écologie décoloniale reste un champ émergent. Ferdinand est l'un de ses principaux artisans. Il participe à des débats publics, écrit des articles et collabore avec des mouvements citoyens. Son objectif : faire entendre que la défense de l'environnement et la justice sociale sont indissociables, et que les héritages coloniaux pèsent encore sur les rapports de force mondiaux.

Un chercheur engagé

Malcom Ferdinand ne se contente pas de théoriser. Il s'engage aux côtés d'associations environnementales et de collectifs décoloniaux. Pour lui, la recherche doit servir à éclairer l'action. Il appelle à une « écologie décoloniale » qui prenne en compte les savoirs et les pratiques des peuples autochtones et des communautés marginalisées.

Son travail inspire une nouvelle génération de militants et de chercheurs. Il prouve que l'écologie ne peut être pensée sans une critique radicale du capitalisme et du colonialisme. Un message qui résonne alors que les inégalités environnementales se creusent et que les catastrophes climatiques frappent d'abord les plus vulnérables.

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