La France insoumise (LFI) a annoncé son intention d'utiliser sa niche parlementaire du 29 octobre pour tenter d'abroger la loi d'urgence agricole, qui autorise sous conditions la réintroduction de deux pesticides jugés néfastes pour la santé. La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a confirmé cette initiative mercredi matin sur France Inter, en réponse à une pétition signée par plus de deux millions de personnes.
Une loi contestée adoptée en juillet
La loi d'urgence agricole, adoptée en juillet contre l'avis de la gauche, a été publiée au Journal officiel mercredi après validation par le Conseil constitutionnel. Les Sages ont estimé que la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone répond à « l'intérêt général », une décision qui suscite la controverse. Ces deux pesticides, interdits en France, concernent notamment les cultures de noisettes, de pommes, de cerises et de betteraves sucrières.
Les producteurs de betteraves sucrières ont activement poussé pour cette réintroduction, soutenus par la FNSEA, principal syndicat agricole. La loi balaie de nombreux sujets, mais ce sont surtout les articles sur les pesticides qui cristallisent les oppositions.
Une « loi poison » selon Mathilde Panot
Invitée sur France Inter, Mathilde Panot a qualifié le texte de « loi poison » et a annoncé : « Nous utiliserons notre niche parlementaire pour abroger cette loi poison. » Elle a rappelé que « l'Ordre des médecins, plusieurs sociétés savantes ont dit qu'il ne fallait pas reproduire le scandale, notamment du chlordécone et de l'amiante ».
La députée LFI a également critiqué le choix d'autoriser le stockage de l'eau dans des mégabassines, un autre volet de la loi. Selon elle, « le danger grave pour l'agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits. Les dangers graves pour l'agriculture, ce sont les accords de libre-échange que les macronistes ne cessent de signer. Et c'est le fait qu'on ne protège pas les agriculteurs d'une concurrence déloyale ».
Quelles suites possibles ?
La tentative d'abrogation par LFI pourrait échouer, le parti étant minoritaire à l'Assemblée nationale. Cependant, cette initiative relance le débat sur l'utilisation de ces pesticides et sur les orientations de la politique agricole française. La décision du Conseil constitutionnel, qui a validé la loi, rend toute modification difficile, mais pas impossible, si un consensus politique se dégage.



