Yannick Jadot, député européen et ancien candidat écologiste à l'élection présidentielle, a annoncé le lancement d'une initiative politique visant à refonder la gauche française autour de la social-écologie. Cette annonce, faite dans un entretien au journal Libération publié le 19 août 2026, intervient dans un contexte de profondes divisions au sein de la gauche et de la montée de l'extrême droite.
Une initiative pour rassembler au-delà des clivages
Selon Yannick Jadot, cette initiative, baptisée « Social-écologie, la refondation », a pour objectif de dépasser les clivages traditionnels entre les différents courants de la gauche, qu'ils soient socialistes, communistes, écologistes ou issus de la société civile. Il estime que la gauche doit se réinventer pour répondre aux défis écologiques et sociaux du XXIe siècle, en proposant un projet cohérent et fédérateur.
Dans son entretien, Yannick Jadot a déclaré : « Nous devons sortir des logiques d'appareil et des querelles de personnes pour construire une alternative crédible à la politique libérale et à l'extrême droite. La social-écologie est la seule voie pour concilier justice sociale et transition écologique. » Il a également précisé que cette initiative ne vise pas à créer un nouveau parti politique, mais à fédérer les énergies et les compétences autour d'un projet commun.
Un appel à la mobilisation et à la participation
Yannick Jadot a lancé un appel à la mobilisation de toutes les forces de gauche, des syndicats, des associations et des citoyens engagés. Il a souligné l'importance de la participation citoyenne dans la construction de ce projet, en annonçant l'organisation d'états généraux de la social-écologie dans les prochains mois. Ces états généraux, ouverts à tous, devront permettre de définir les grandes orientations et les actions concrètes à mettre en œuvre.
Selon lui, la gauche doit impérativement se renouveler pour éviter de disparaître du paysage politique. Il a rappelé que lors des dernières élections législatives, la gauche unie n'avait obtenu que 25 % des voix, un score historiquement bas. « Nous ne pouvons pas continuer à nous diviser et à perdre. L'extrême droite est aux portes du pouvoir, et seule une gauche unie et forte peut l'empêcher d'arriver au pouvoir », a-t-il ajouté.
Une réaction mitigée au sein de la gauche
L'initiative de Yannick Jadot a suscité des réactions contrastées au sein de la gauche. Certains, comme le député socialiste Boris Vallaud, ont salué une « initiative courageuse et nécessaire », tout en appelant à des discussions approfondies sur le contenu du projet. D'autres, en revanche, ont exprimé des réserves. La France insoumise, par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, a estimé que « la social-écologie ne peut être la seule boussole de la gauche » et que « les questions de répartition des richesses et de démocratie sociale doivent rester centrales ».
Du côté du Parti communiste, le secrétaire national Fabien Roussel a déclaré : « Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous ne pouvons pas accepter un projet qui mettrait de côté la lutte des classes et la défense des services publics. » Les écologistes, quant à eux, ont majoritairement salué l'initiative, tout en rappelant que « la social-écologie est déjà au cœur de notre projet politique ».
Un calendrier serré pour concrétiser le projet
Yannick Jadot a fixé un calendrier ambitieux pour la concrétisation de son initiative. Les états généraux de la social-écologie devraient se tenir d'ici la fin de l'année 2026, avec pour objectif de présenter un projet commun pour les élections européennes de 2029. Il a également annoncé la création d'un site internet et d'une plateforme de discussion en ligne pour permettre aux citoyens de contribuer au débat.
« Nous n'avons pas de temps à perdre. La crise écologique et sociale s'aggrave chaque jour, et la gauche doit être à la hauteur des enjeux », a conclu Yannick Jadot. L'initiative, bien que prometteuse, devra surmonter les divisions profondes qui traversent la gauche française pour espérer aboutir à une véritable refondation.



