Le 3 octobre 1226, François d'Assise meurt à l'âge de 45 ans. Ce jour-là, le « petit pauvre » rend son âme à Dieu, entouré de ses frères. Sa vie, marquée par une conversion radicale, a bouleversé l'Église et inspiré des millions de personnes. Mais qui était vraiment cet homme qui a choisi de vivre dans une « sacrée misère » ?
Une jeunesse dorée et une conversion fulgurante
Né en 1181 ou 1182 à Assise, François est le fils d'un riche marchand de drap. Sa jeunesse est insouciante, entre fêtes et ambitions chevaleresques. Mais sa vie bascule lorsqu'il est fait prisonnier lors d'une guerre entre Assise et Pérouse. Malade, il se tourne vers la prière et entend une voix lui demander de « réparer son Église ». Il interprète d'abord cet appel comme une mission de reconstruction matérielle de l'église de Saint-Damien, puis comme une invitation à une pauvreté radicale.
En 1206, il renonce publiquement à son héritage, se dépouille de ses vêtements devant l'évêque et embrasse la vie d'ermite. Il commence à prêcher la pauvreté, la simplicité et l'amour de la nature. Rapidement, des disciples le rejoignent, formant le noyau de l'ordre des Frères mineurs.
Une règle de vie fondée sur la pauvreté absolue
François rédige une règle de vie pour ses frères, fondée sur l'Évangile. Cette règle, approuvée par le pape Innocent III en 1209, impose la pauvreté absolue. Les frères ne doivent posséder ni argent, ni biens, ni même de livres. Ils vivent de la charité et du travail manuel. François insiste sur l'humilité et le respect de toute créature, ce qui lui vaut le titre de « patron des animaux ».
Sa vie est ponctuée de voyages missionnaires, notamment en Égypte où il rencontre le sultan. En 1223, il obtient du pape Honorius III l'approbation de la règle définitive. Mais son désir de perfection le pousse à se retirer de plus en plus souvent dans la solitude, notamment à l'Alverne, où il reçoit les stigmates en 1224.
Une mort entourée de légendes
Affaibli par la maladie, François meurt le 3 octobre 1226, dans la chapelle du Portioncule, près d'Assise. Deux ans plus tard, il est canonisé par le pape Grégoire IX. Sa dépouille est transférée en 1230 dans la basilique qui porte son nom, construite en son honneur. Les récits de sa vie, notamment ceux de Thomas de Celano, contribuent à forger sa légende, faite de miracles et d'anecdotes, comme celle du loup de Gubbio.
François d'Assise demeure une figure majeure de la spiritualité chrétienne. Son message de pauvreté et de respect de la création résonne encore aujourd'hui, notamment dans les préoccupations écologiques. Sa vie, racontée dans de nombreux ouvrages, continue d'inspirer les chercheurs de sens.



