Douches de plage à Cagnes : bras de fer entre le maire et le préfet
Douches de plage à Cagnes : bras de fer maire-préfet

Depuis mardi 18 août 2026, les douches de plage de Cagnes-sur-Mer ne délivrent plus une goutte d'eau. Cette fermeture, imposée par le préfet des Alpes-Maritimes dans le cadre de l'arrêté sécheresse du 14 août, a déclenché un bras de fer entre le maire RN Bryan Masson et la préfecture. Le maire affirme avoir défendu leur maintien et dénonce une décision prise sans concertation.

Un maire contraint et remonté

Sur ses réseaux sociaux, Bryan Masson a haussé le ton : « Je veux que les Cagnois sachent la vérité : je ne voulais pas fermer les douches de nos plages. Cette décision nous est imposée par le préfet des Alpes-Maritimes. J'ai défendu leur maintien et une utilisation responsable. Le préfet a décidé de passer outre. » L'ancien député souligne qu'en cas de maintien des douches, il s'exposerait en tant que maire à une contravention de 5ᵉ classe pouvant atteindre 1 500 euros. « Je suis donc contraint d'appliquer l'arrêté », insiste-t-il.

Il critique vivement la méthode du préfet Jean-Marie Girier : « Je le dis clairement : la Ville de Cagnes n'assumera pas politiquement une décision qu'elle n'a ni prise, ni souhaitée. La méthode doit changer. On ne gouverne pas un territoire à coups d'arrêtés préfectoraux décidés sans concertation préalable avec les maires. » Le premier magistrat demande « au préfet de réunir les communes concernées et d'ouvrir enfin une véritable discussion. La concertation doit avoir lieu avant les arrêtés, pas après. Les maires ne sont pas de simples exécutants des décisions de l'État. »

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Le contexte de sécheresse en toile de fond

La fermeture des douches est une conséquence de l'arrêté préfectoral relatif à la sécheresse dans les Alpes-Maritimes, pris le 14 août 2026. La commune de Cagnes-sur-Mer est placée au stade de « crise sécheresse » depuis au moins le 31 juillet 2026, mais uniquement pour l'eau non potable. Pour l'eau du robinet, qui dépend quasi exclusivement du bassin-versant du Loup, elle était en « vigilance », donc sans restrictions. C'est le passage au stade « alerte renforcée » le 14 août qui impose la fermeture des douches, à l'exception de celles desservant les handiplages.

Cette décision suscite des réactions contrastées parmi les habitants. Yann, sur Facebook, exprime sa frustration : « Avec la qualité de l'eau de mer, c'est vraiment frustrant de ne pas pouvoir se nettoyer après le bain. » Anne, au contraire, approuve : « L'eau est une denrée rare, l'eau potable représente 2 % de la planète, c'est très bien que les douches soient fermées. »

L'opposition critique la communication de la Ville

Le chef de l'opposition de gauche, Cédric Garoyan, conseiller municipal PCF, relativise la responsabilité du préfet : « La sécheresse n'est pas une décision du préfet. La fermeture des douches, si. Et ce n'est pas tout à fait la même chose. […] Présenter cette affaire comme si le préfet avait soudainement décidé, depuis son bureau, de priver Cagnes-sur-Mer de ses douches de plage passe à côté de l'essentiel. » Il rappelle que « l'arrêté préfectoral intervient parce que la ressource en eau est sous tension ».

Pour lui, le vrai débat est ailleurs : « Pourquoi la Ville n'a-t-elle pas communiqué plus tôt et clairement aux Cagnois sur les restrictions d'eau qui s'appliquent à notre territoire ? Quelles mesures la Ville compte-t-elle prendre pour anticiper plutôt que subir ? » Ces questions restent posées tandis que la commune doit désormais se conformer à l'arrêté, sous peine de sanctions financières pour le maire.

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