François de Rugy, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, a déclaré que le ministère de l’Écologie est « prisonnier des ONG ». Selon lui, ces organisations non gouvernementales exercent une pression telle qu’elles orientent les décisions politiques, au détriment d’une vision équilibrée et pragmatique.
Une influence jugée excessive
Dans une interview accordée au Point, de Rugy a expliqué que les ONG environnementales, bien que légitimes, ont pris un poids disproportionné au sein du ministère. « Aujourd’hui, on ne peut plus prendre une décision sans l’aval de certaines ONG », a-t-il affirmé. Il estime que cette situation paralyse l’action publique et empêche des compromis nécessaires.
L’ancien ministre, qui a occupé ce poste de 2017 à 2019, a notamment pointé du doigt le rôle de Greenpeace et des Amis de la Terre. Il a cité l’exemple de la loi sur l’énergie, où les ONG auraient imposé des objectifs irréalistes, selon lui.
Une critique du manque de dialogue
De Rugy a également regretté le manque de dialogue entre le ministère et les acteurs économiques. « Les entreprises sont souvent diabolisées, alors qu’elles sont des partenaires indispensables pour réussir la transition écologique », a-t-il déclaré. Il appelle à un rééquilibrage des forces pour que les décisions soient prises de manière plus collective.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur la transition écologique est plus vif que jamais. Certains observateurs estiment que les propos de de Rugy reflètent une tension croissante entre les ONG et le gouvernement.
Réactions mitigées
Les ONG concernées ont réagi vivement. Greenpeace France a dénoncé des « accusations infondées » et rappelé que leur rôle est de défendre l’environnement face aux intérêts économiques. De son côté, le ministère de la Transition écologique n’a pas commenté ces propos.
Selon un sondage récent, 68 % des Français estiment que les ONG ont trop d’influence sur les décisions politiques, un chiffre qui conforte la position de de Rugy. Cependant, pour les défenseurs de l’environnement, cette influence est nécessaire pour contrebalancer les lobbies industriels.



